Ouverte en novembre 2025 et fondée par Pierre Siran, Pimo Powa est la première épicerie fine de Paris entièrement dédiée aux sauces piquantes avec plus de 200 références proposées. Les visiteurs peuvent également découvrir des produits dérivés tels que du poivre et du piment en vrac, de la moutarde ou encore de la bière pimentée.
Le Monde de l’Épicerie Fine – Pierre, comment l’idée d’ouvrir la première épicerie fine parisienne dédiée aux sauces piquantes vous est-elle venue ?
Pierre Siran– L’idée d’ouvrir Pimo Powa est née d’une envie d’entreprendre couplée à mon histoire personnelle et un manque que je percevais en tant que consommateur.
J’ai une formation en commerce et management avec des expériences en grande distribution, puis sept années passées chez Palais des Thés. Cette dernière expérience a été particulièrement enrichissante et m’a donné de nombreuses clés notamment sur comment accueillir le client en boutique, bien le conseiller et rendre son expérience sensorielle.
Également, je suis un enfant issu du métissage avec une mère thaïlandaise et un père français aviateur qui m’ont tous deux transmis très tôt le goût du voyage et l’habitude des cuisines épicées. Le piment a toujours fait partie de mon quotidien.
Depuis un moment, je faisais le constat qu’à Paris, il n’existait pas de véritable épicerie fine spécialisée avec une offre à la fois large, qualitative et experte autour du piment et des sauces piquantes. Pour trouver ce que je cherchais, il me fallait souvent faire quatre ou cinq boutiques, sans toujours pouvoir être conseillé ni goûter les produits.
L’envie d’entreprendre combinée à ce manque d’un lieu à Paris dédié à l’univers du piquant a naturellement fait émerger le projet.
Par ailleurs, j’ai fait le choix assumé d’un emplacement très passant et visible, malgré des loyers élevés, privilégiant un flux de clients organiques, plutôt que de dépendre d’une stratégie de communication long terme. Je suis, en effet, moins armé dans ce domaine comparé à l’expérience en boutique.
LMEF – D’où vient le nom Pimo Powa ?
P.S. – Pimo Powa est un assemblage formé des premières syllabes de plusieurs mots issus du champ lexical du piquant : pi pour piment, mo pour moutarde, po pour poivre et wa pour wasabi. Un nom qui reflète la diversité de l’univers du piquant.
LMEF – Pouvez-vous nous présenter votre concept ?
P.S. – Je propose aujourd’hui 230 sauces piquantes et une soixantaine de produits dérivés comme du fromage au piment, des moutardes et boissons pimentées ou encore des poivres et épices en vrac. Je privilégie autant que possible les producteurs français, puis européens et internationaux. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai organisé mes produits en boutique.
Pour moi, le piment n’est pas seulement une sensation, c’est une saveur à part entière qui complète les cinq saveurs traditionnelles : sucré, salé, amer, acide et umami. Chaque piment possède ses propres notes aromatiques – florales, fruitées, citronnées, poivrées – et c’est ce que j’aime faire découvrir à mes clients.
Mon approche se veut expérientielle : je propose à mes clients de goûter les produits, j’écoute attentivement leurs besoins et je les conseille de manière personnalisée.
Dès la fin janvier, je lancerai des ateliers de découverte des poivres et des piments sous forme de masterclass pour expliquer leur différences, leurs arômes et les accords mets et piments. Je prévois également des animations avec mes producteurs.
LMEF – Le piment a le vent en poupe depuis quelque temps en France. Comment peut-on expliquer cet engouement selon vous ?
P.S. – Certains pourraient penser que l’engouement pour les sauces piquantes s’explique par le succès de la série Hot Ones, venue des États-Unis et adaptée en France, mais je crois que c’est bien plus profond que ça.
Selon moi, c’est davantage une évolution sociétale. La mondialisation et les voyages sont une première explication. En effet, les jeunes générations voyagent beaucoup plus que leurs aînés et découvrent ainsi des cuisines épicées venues du monde entier comme celles de Thaïlande, du Mexique ou encore du Vietnam.
L’évolution de la restauration y contribue également. À Paris, par exemple, au moins un tiers des restaurants propose aujourd’hui une cuisine à connotation exotique rendant les plats épicés plus courants et offrant des options toujours plus variées.
LMEF – Quels sont les best-sellers de Pimo Powa ?
P.S. – La grande vedette chez Pimo Powa, c’est la marque Mastari. Je propose dix références de cette marque française, dont le laboratoire est situé à Cercy dans le Val-d’Oise. Leur sauce la plus vendue est la Tango à base de cassis, myrtille, fève tonka et piment habanero. Elle séduit par son équilibre, le design du flacon et son prix accessible.
Les poivres de La Plantation rencontrent également beaucoup de succès !
Du côté des produits dérivés, ce sont les sardines au piment de la marque portugaise Sardinha et la bière au piment de Gallia qui plaisent particulièrement. Le succès de cette bière montre que les clients sont à la recherche d’expériences originales et inattendues.
LMEF – Peut-on entrevoir un premier profil de clients ?
P.S. – Tout à fait ! On peut déjà identifier trois profils principaux parmi ma clientèle, plutôt jeune et urbaine, entre 25 et 40 ans, avec une moyenne autour de 35 ans.
Le premier profil est l’amateur de piment. Ce sont des connaisseurs qui cherchent à découvrir des produits qu’ils ne trouvaient pas auparavant, mis à part sur Internet.
Le deuxième profil est le curieux. Ce sont des personnes qui souhaitent s’initier aux saveurs piquantes. Ils sont à la recherche d’options moins intenses que les premiers pour découvrir le plaisir du piment.
Enfin, le troisième profil est l’acheteur de cadeaux. Ils voient dans le piment une idée originale pour un proche qui aime ça. J’en ai beaucoup accueilli pendant les fêtes de fin d’année (sourire).
Propos recueillis par Laura Margis
Fiche technique
Date d’ouverture : 8 novembre 2025
Nom des gérants : Pierre Siran
Surface de vente : 30 mètres carrés
Nombre de références : 300
Nombre de personnes sur la surface de vente : 1


