Papi Jo, primeur et épicerie fine, a ouvert ses portes le 4 février dernier à Gouesnou, près de Brest. Avec ce commerce, son fondateur Théo Le Fourn rend hommage à son grand-père paysan, surnommé « Papi Jo », dont le visage signe l’identité visuelle du point de vente. Elle reflète l’authenticité, le terroir et le savoir-faire, des valeurs que l’on retrouve dans l’offre de produits et dans l’ambiance qui émane de cette boutique de 130 mètres carrés.
Le Monde de l’Épicerie Fine – Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir le 4 février dernier à Gouesnou, Papi Jo, un commerce mixte associant primeur et épicerie fine ?
Théo Le Fourn – Avant d’ouvrir Papi Jo, j’ai travaillé pendant cinq ans comme commercial pour un grossiste en fruits et légumes. Ce métier m’a permis de développer une véritable expertise sur les produits primeurs mais aussi de découvrir de l’intérieur de nombreux commerces indépendants, puisque mes clients étaient notamment des primeurs et des épiceries fines.
J’ai ainsi eu l’occasion de visiter et d’observer de nombreuses boutiques partout en France. Certaines m’ont particulièrement inspiré, comme Les Jardins d’Olivier à Beaugency, Le Potager de Paulette à Plérin ou encore L’Atelier Fermier à Perros-Guirec. Les gérants de ces commerces ont toujours été très ouverts à la discussion et n’ont pas hésité à me donner des conseils au moment de me lancer.
Avec Papi Jo, j’ai voulu créer un commerce de proximité qui associe une offre primeur, une sélection de produits gourmets et un petit espace crémerie. Ce dernier présente d’ailleurs un vrai potentiel : il y a de la demande, notamment sur le fromage, que je vais donc continuer à développer.
LMEF – Pourquoi avoir choisi la commune de Gouesnou, en périphérie de Brest, pour implanter votre commerce Papi Jo ?
T.LF. – La municipalité avait le projet de créer un nouveau local commercial sous une halle centrale de la commune déjà occupée par une boulangerie. L’objectif était de renforcer l’offre de commerces de bouche du centre-ville et de créer une dynamique de proximité.
Lorsque j’ai eu connaissance du projet, j’ai présenté mon concept et il a rapidement retenu l’attention de la mairie. C’était une belle opportunité. La commune a d’ailleurs soutenu mon installation en réalisant les principaux aménagements du local. De mon côté, je me suis concentré sur l’aménagement du mobilier et la mise en place de la boutique.
Ce projet s’inscrivait aussi dans ma volonté de m’implanter en périphérie plutôt qu’en centre-ville de Brest, où l’offre est déjà bien développée. À Gouesnou, je m’adresse à une clientèle locale qui ne disposait pas, jusqu’alors, d’une offre comme la mienne dans la commune. Papi Jo bénéficie d’une grande accessibilité avec un parking de 100 places en face de la boutique. La proximité avec la boulangerie est également un atout pour attirer toujours plus de personnes en magasin.
LMEF – Pouvez-vous nous présenter votre offre et nous expliquer comment vous l’avez construite ?
T.LF. – Comme je vous le disais un peu plus tôt, mon offre s’articule autour de trois grands univers : le rayon primeur, un espace crémerie et une sélection de produits fins et de boissons alcoolisées et non alcoolisées. L’idée est de proposer une sélection d’articles qualitative, en privilégiant autant que possible les producteurs bretons et français.
Côté primeur, je donne la priorité aux producteurs locaux dès que c’est possible. Pour certains produits qui ne sont pas cultivés dans la région, comme les agrumes par exemple, je complète l’offre en passant par mon ancien employeur. Je propose également un petit pôle bio, qui représente aujourd’hui environ 20 % de l’offre de fruits et de légumes. Je compte le développer car il y a une demande plus importante que ce que j’avais imaginé.
Côté épicerie fine, je présente entre 500 et 700 références, provenant d’une cinquantaine de fournisseurs. Pour construire cette sélection, je me suis rapproché des producteurs de toutes les références que j’avais soigneusement répertoriées dans un carnet au fil de mes découvertes de ces deux dernières années. Je privilégie les produits bretons, puis français. J’ai également quelques huiles d’olive italiennes et je proposerai, sans doute, dans les mois à venir quelques produits grecs. Pour cette gamme, je m’inspire aussi beaucoup des récompenses attribuées par les salons incontournables du secteur tels que les Épicures de l’épicerie fine ou le Salon de l’Agriculture. Je consulte également la presse professionnelle spécialisée, notamment votre magazine Le Monde de l’Épicerie Fine.
Côté boissons, je propose une sélection de jus de fruits, limonades, pétillants de pomme, sodas ainsi que des bières, du vin et du cidre.
Enfin, j’ai également développé un petit rayon crémerie avec du beurre, des yaourts et quelques fromages. Ce rayon a rencontré un succès auquel je ne m’attendais pas forcément, notamment sur le fromage. C’est donc un axe que je souhaite développer à l’avenir.
Enfin, je propose des corbeilles de fruits et des paniers garnis de produits d’épicerie fine ainsi qu’un panier de la semaine à 12 euros composé de fruits, de légumes et d’œufs.
LMEF – Après un mois d’ouverture, comment se répartit votre chiffre d’affaires entre les différents univers de la boutique ?
T.LF. – Après ce premier mois d’activité, le rayon primeur représente environ 65 % du chiffre d’affaires. Les autres univers – l’épicerie fine, la cave et la crémerie — totalisent pour leur part près de 35 %.
Il est toutefois encore un peu tôt pour tirer des conclusions définitives. Le magasin est ouvert depuis peu et les habitudes de consommation de la clientèle vont sans doute continuer à se construire dans les prochains mois. Il sera donc intéressant d’observer comment cette répartition évoluera au fil des mois. Affaire à suivre !
LMEF – Comment faites-vous connaître votre commerce ?
T.LF. – Dès l’ouverture, j’ai bénéficié d’une couverture médiatique locale avec des articles dans Le Télégramme et Ouest-France. La mairie de Gouesnou a également communiqué sur ses réseaux sociaux et dans le bulletin municipal.
Je prévois prochainement une inauguration officielle pour remercier tous les acteurs qui ont contribué au projet ainsi que mes premiers clients.
Au quotidien, mes principaux canaux de communication restent les réseaux sociaux, Facebook et Instagram, qui me permettent de présenter mes produits et mes offres du moment. Enfin, un site internet vitrine pourrait voir le jour dans les mois à venir, lorsque j’aurai un moment pour m’en occuper.
LMEF – Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre identité visuelle, que l’on retrouve en ligne et dans le magasin ?
T.LF. – L’identité visuelle de Papi Jo est directement inspirée de mon grand-père. Son visage figure sur le logo. Cette identité reflète à mes yeux l’authenticité, le terroir et le savoir-faire, mais aussi une approche sincère et humaine, qui est au cœur de ma démarche.
Dans le magasin, la décoration suit cette même philosophie : elle est chaleureuse et associe le bois, le noir et l’écru pour un style rustique et soigné. Enfin, l’éclairage a été pensé pour mettre en valeur les produits afin qu’ils soient véritablement les stars du lieu.
Propos recueillis par Laura Margis
Fiche technique
Date d’ouverture : 4 février 2026
Nom des gérants : Théo Le Fourn
Surface de vente : 130 mètres carrés
Nombre de références : 500 et 700 (pour l’épicerie fine et la crémerie)
Nombre de personnes sur la surface de vente : 2
Papi Jo – Primeur et épicerie fine
Place des Fusillés, 29850 Gouesnou
Téléphone : 02.98.38.75.37
Facebook : @Papi Jo – Primeur et Epicerie Fine
Instagram : @papi.jo.primeur


