Alors que le secteur du paiement se digitalise à grande vitesse, une étude menée par la fintech myPOS, spécialiste des terminaux et solutions de paiement pour les PME européennes, révèle un panorama étonnant des comportements des Français à la caisse
La carte, reine du paiement, mais un code PIN difficile à retenir
Sans surprise, la carte bancaire demeure le réflexe numéro un : 72 % des Français l’utilisent en priorité. Mais derrière ce quasi-consensus se cache un paradoxe inattendu : la mémoire du code PIN vacille. Si 76 % de la population le connaissent parfaitement, le chiffre chute à 60 % chez les 18-24 ans comme chez les plus de 65 ans. Plus étonnant encore : 30 % de ces deux générations doivent réfléchir longuement pour s’en souvenir, et 7 % l’oublient purement et simplement. Une difficulté que le paiement sans contact, généralisé depuis la pandémie, permet heureusement de contourner.
Le paiement mobile avance… mais n’a pas encore conquis les Français
Bien que largement mis en avant par les acteurs du marché, le paiement mobile ne représente que 13 % des usages prioritaires. La transition vers le smartphone comme portefeuille universel reste donc timide. À l’inverse, le cash continue de résister : 24 % des consommateurs en portent encore systématiquement sur eux. Un chiffre qui illustre une transition réelle vers des moyens de paiement plus modernes, mais loin d’être totale.
Le ticket de caisse papier, toujours indétrônable
Malgré les politiques de réduction des reçus imprimés, les Français restent attachés au ticket physique : 90 % souhaitent recevoir une preuve d’achat, et 43 % privilégient encore le format papier. Un contraste notable avec les Millennials et la Génération Z, davantage tournés vers le numérique : 41 % des premiers et 31 % des seconds préfèrent recevoir leur ticket par email. Une fracture générationnelle qui préfigure la bascule à venir… mais pas immédiate.
Une géographie du paiement très marquée
Les habitudes de paiement varient fortement d’une région à l’autre, révélant une véritable mosaïque de comportements sur le territoire. En Bretagne, par exemple, l’usage du cash reste profondément ancré : 30 % des habitants déclarent avoir systématiquement des espèces sur eux, un taux bien supérieur à celui de l’Île-de-France ou des Hauts-de-France, où seuls 21 % conservent cette habitude. À l’opposé, l’Auvergne-Rhône-Alpes se distingue par une fidélité prononcée à la carte bancaire traditionnelle, privilégiée par près de la moitié des consommateurs. Dans le Centre-Val-de-Loire, la situation est encore différente : le paiement sans contact y progresse fortement, représentant 33 % des usages, tandis que le cash conserve une présence notable avec 18 % d’adeptes. Ces disparités rappellent aux commerçants qu’une politique de paiement uniforme ne suffit plus et que l’adaptation aux spécificités locales est devenue un véritable enjeu de service.
Lenteurs, pannes et refus : ce qui irrite vraiment les Français
Quelle que soit la région ou le moyen de paiement choisi, les frustrations à la caisse sont largement partagées par les Français. Ce qui agace le plus les consommateurs, ce sont d’abord les transactions trop lentes, souvent perçues comme un frein dans un quotidien déjà rythmé. À cela s’ajoutent les problèmes techniques — terminaux instables, pannes inattendues, bugs répétitifs — qui donnent le sentiment d’un système encore perfectible malgré les progrès réalisés ces dernières années. Les refus de paiement ou la non-acceptation de certains moyens complètent ce tableau, générant stress et agacement au moment du passage en caisse. Au-delà des préférences technologiques, une constante se dégage : ce que recherchent les clients, c’est avant tout une expérience simple, fluide et fiable, où le paiement fonctionne immédiatement, sans accroc ni surprise.
Méthodologie de l’étude
Cette enquête en ligne a été commandée par myPOS et menée par la société d’études de marché OnePoll auprès de 2 000 adultes français (échantillon représentatif au niveau national sur la base de l’âge, du sexe et de la région). L’étude a été réalisée conformément au code de conduite de la Market Research Society. Tous les participants sont doublement inscrits pour prendre part à la recherche et sont rémunérés en fonction de la durée et de la complexité de l’enquête.