Commerces de proximité : ce que la pandémie pourrait changer

Article mis en ligne par · 13 décembre 2020

Numéro 1 mondial de l’immobilier d’entreprise, CBRE vient de publier une étude importante présentant les différents points d’évolution du paysage commercial en France. Nous avons choisi d’en extraire quelques passages susceptibles de vous intéresser. 

76 % des Français ont développé un nouvel intérêt pour les commerces de proximité


La remise en cause de la consommation de masse, les nouvelles missions assignées au magasin physique avec le développement des stratégies omnicanales vont obliger les enseignes à revoir tant les formats que l’organisation de leur réseau de boutiques. Compacité, hiérarchisation, maillage : ce triptyque va désormais guider l’inévitable recomposition du paysage commercial français. Questionnant au passage l’avenir des actifs iconiques de l’apogée du mass market : les centres commerciaux. Par ailleurs, cette recomposition se met en place avec, en toile de fond, une géographie de la consommation qui va se trouver progressivement chamboulée par le développement du télétravail et les nouvelles attentes des Français qui sont désormais à 76 % plus sensibles aux commerces de proximité pour trois raisons principales : la limitation des déplacements, la commodité et l’absence de file d’attente.

Repenser la proximité au sein de la ville 

Que ce soit par nécessité ou par solidarité, la crise de la Covid a donc renforcé le recours aux commerces de proximité. Cela s’est confirmé tout particulièrement pendant le confinement : l’attachement des consommateurs à ces lieux et la prise de conscience de leur importance pour l’animation et donc l’attractivité des villes ouvrent aux élus de nouvelles perspectives sur la revitalisation de leurs quartiers et cœurs de ville. À l’heure du deuxième confinement, la vigueur des débats autour de la question de la fermeture des commerces dits non essentiels et de la définition de cette notion de “non essentiel” vient attester de la réalité de cette prise de conscience. Plus globalement, les réflexions pour repenser la proximité au sein de la ville (ville du quart d’heure) apparaissent de plus en plus comme centrales, au-delà des enjeux sanitaires du moment. Elles ne peuvent que venir renforcer la dynamique du plan national “Action cœur de ville” en cours de mise en œuvre, pour relancer la vitalité commerciale des villes moyennes. 

Le petit commerce a son avenir en main ! 

Fort de cette revalorisation de leur rôle, les mesures publiques comme les initiatives citoyennes de soutien en faveur du commerce indépendant vont se renforcer. L’enjeu sera notamment pour ces indépendants de réussir le virage de la digitalisation, pour s’adapter (enfin !) aux attentes et nouveaux modes de consommation des consommateurs, tout comme la (grande) distribution qui s’y engage progressivement. La vertu de la crise, s’il y en a une, est de rendre incontournable cette évolution, principale garantie d’une continuité de fonctionnement en période de confinement. Cette dynamique s’articule autour de l’organisation de nouvelles formes de solidarité à l’échelle locale, à l’image des systèmes de pré-commandes mis en place pendant le confinement, ou de la constitution de communautés actives souhaitant valoriser les circuits courts autour de thématiques porteuses de valeurs fortes : bio, made in France, commerce solidaire, culture… S’inspirer des expériences de market place pour les adapter aux commerces indépendants permettrait d’offrir aux consommateurs une offre alternative, ancrée sur son territoire, plus spécifique que celle proposée par les grandes enseignes, tout en profitant de la technologie et du confort de la commande en ligne, chez soi et en dehors des horaires d’ouverture, avec la possibilité de récupérer les produits dans un magasin à proximité du domicile, ou de se les faire envoyer (en mutualisant les coûts fixes d’organisation de la livraison). 


41% des Français déclarent vouloir faire leurs courses de fin d’année dans les petits commerces

Pendant cette période de Noël, les adultes français sont nombreux à vouloir être en famille (46 %), être à la maison (40 %) et cuisiner pour leur famille (38 %), ainsi qu’installer les décorations (36 %). Plus d’un tiers (35 %) sont également impatients d’échanger des cadeaux, ce chiffre passant à 40 % chez les parents d’enfants de moins de 18 ans. La tendance cette année tend vers des achats auprès des petits commerces de proximité même si certains freins subsistent encore pour les Français.  

Pour les fêtes de fin d’année, 41 % des Français déclarent que rien ne les empêchera de faire leurs achats auprès de petits commerces. Trois personnes sur dix (29 %) prévoient de faire davantage d’achats auprès des petits commerces ou d’entreprises indépendantes que l’année dernière. Une tendance qui se confirme d’année en année ! Plus des trois quarts (77 %) prévoient de s’offrir des cadeaux à eux-mêmes pour les fêtes de fin d’année, en prévoyant de s’acheter en moyenne 7 cadeaux et de dépenser 206 €. 

Note : Enquête européenne réalisée du 19 au 25 novembre par Groupon et Opinium Research auprès de 2 000 personnes en France. 

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