Foie Gras : le virus influenza à l’origine d’une hausse des prix

Article mis en ligne par · 10 février 2016 ·

Touchée par le virus influenza, 75 % de la zone d’exploitation de foie gras en France se prépare à un vide sanitaire en vue d’endiguer sa propagation. Avec à la clé, une baisse de la production qui ne sera pas sans conséquences… Interview de Guillaume Espinet, Président de l’Association Foie Gras du Périgord.

LMEF – On a beaucoup entendu parler du virus influenza, nouvelle sorte de grippe aviaire touchant les élevages de canard. De quoi s’agit exactement ?

Guillaume Espinet C’est un virus qui existe depuis la nuit des temps et qui frappe l’ensemble des volailles. Concernant le canard, nous sommes touchés depuis le mois de décembre, mais peut-être depuis plus longtemps sans qu’on le sache, parce que le canard est très résistant et que le virus ne le tue pas, contrairement à d’autres volailles.

LMEF – Y’a-t-il danger pour le consommateur ?

G.E Absolument pas. Toutes les enquêtes qui ont été menées montrent que contrairement à certaines souches asiatiques du virus, celle-ci n’était pas transmissible à l’homme et qu’il était possible de continuer à consommer de la viande de canard et du foie gras. Cela dit, nous avons dû répondre aux inquiétudes des autres éleveurs car les canards affectés peuvent eux, transmettre le virus à d’autres volailles comme les poulets et les dindes chez qui il est mortel. C’est pour cette raison que la profession a décidé d’euthanasier tous les élevages touchés dès le mois de décembre et que, devant l’importance que la propagation du virus semblait devoir prendre, il a été décrété l’instauration d’un grand vide sanitaire avec arrêt des naissances de canetons et par conséquence de la production de viande de canard et de foie gras sur une période de quatre mois, entre avril et août.

LMEF – Les épiciers fins seront-ils touchés par cet arrêt de la production ?

G.E Vraisemblablement pas. D’abord parce que la plupart d’entre eux ont anticipé en constituant des stocks importants qui ont été à l’origine d’une augmentation de nos ventes et ensuite parce que nous disposons, nous producteurs, d’un stock de conserves. Stock qui sera reconstitué dès la reprise de la production en août prochain, en prévision des fêtes de fin d’année. Il n’y a donc pas de manque à craindre. En revanche, comme cet arrêt de la fabrication va représenter entre 30 et 40 % de baisse de la production nationale de cette année, les prix sont susceptibles d’augmenter légèrement. On risque donc d’assister à un tassement des ventes dans le secteur de la restauration.