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Cédric Taravella, nouveau PDG et Patrice Chapon, qui vient de céder sa chocolaterie au fonds FrenchFood Capital.

FrenchFood Capital développera les boutiques Chapon

Le fonds d’investissement a repris 90 % des parts du chocolatier bean to bar parisien. Il prévoit d’ouvrir de nouvelles boutiques en propre et en franchise ainsi que l’e-commerce. Un nouveau PDG a été nommé.

Patrice Chapon, fondateur de la chocolaterie éponyme, a cédé son entreprise au fonds FrenchFood Capital. À 61 ans, le pionnier français du chocolat bean to bar (fabriqué directement à partir de la fève) a choisi “d’envisager le métier différemment en délaissant certaines responsabilités pour en prendre d’autres d’ordre privé” nous a-t-il expliqué. Il conserve toutefois une participation minoritaire (moins de 10 %) et continuera d’exercer pour un temps le rôle de directeur de la création de l’entreprise. La cession est pour lui un moyen de “pérenniser la maison. J’ai trouvé chez FrenchFood Capital, des personnes sensibles à l’histoire de la maison et à sa continuité. Le fonds est spécialisé dans l’alimentaire et son fondateur Laurent Plantier a été directeur général d’Alain Ducasse Entreprise. Nous avions d’ailleurs lancé nos chocolateries bean to bar à Paris la même année” relate-t-il. Cédric Taravella, nommé PDG de Chocolat Chapon, a pris en charge la gestion opérationnelle de l’entreprise et son développement. Cet ancien officier de division blindée reconverti dans les technologies de l’information, a exercé la fonction de directeur général de l’enseigne de lingerie Etam de 2017 à 2021 avant de devenir consultant digital.

Quadrupler le CA en cinq ans

Le chiffre d’affaires prévisionnel 2022 de Chapon s’établit à six millions d’euros. L’objectif de FrenchFood Capital est de le multiplier “par quatre ou cinq d’ici cinq ans”, annonce Cédric Taravella. Le développement du réseau des boutiques et des ventes en ligne fait en conséquence partie des priorités de cet expert du numérique et du commerce de détail. Chapon compte aujourd’hui une demi-douzaine de boutiques en propre à Paris et une franchise à Saint-Mandé (Val-de-Marne). À l’horizon 2027, l’ambition de porter le réseau à “une vingtaine en propre en Île-de-France et d’avoir initié la franchise en régions principalement et la master-franchise à l’étranger”, annonce Cédric Taravella. Parallèlement, l’enseigne développera son activité e-commerce sur un marché de la vente en ligne qui reste ouvert. “Il n’existe pas de site chocolatier dominant aujourd’hui” souligne eneffet le PDG. Malgré ce développement de la vente directe aux consommateurs, “nous resterons fidèles à  nos distributeurs et continuons à rechercher des revendeurs de qualité, notamment à l’international”, précise Cédric Taravella. Outre ses boutiques, la marque est aujourd’hui commercialisée par les grandes enseignes de produits gourmets (La Grande Épicerie, Le Printemps du Goût, Lafayette) et des épiceries fines de renom. Ces revendeurs génèrent un tiers de l’activité de l’entreprise.

Miser sur la consommation individuelle

La communication est le deuxième grand chantier que s’apprête à lancer la maison. “Chapon est une marque que les consommateurs comprennent bien, portée sur le goût avec un packaging moderne. Reste à la rendre parfaitement cohérente dans tous les domaines (architecture des magasins, graphisme…) pour mener des actions de communication consistantes”, explique Cédric Taravella. La troisième priorité du dirigeant est de “poursuivre le travail sur l’offre en créant régulièrement des nouveautés”, en continuant à “offrir une palette aromatique très large en chocolats et qui s’inspire des goûts des origines de cacao.” Forte d’une gamme qui comprend une quarantaine de tablettes différentes, des pralinés et d’un concept de bar à mousse au chocolat, la marque entend développer la consommation individuelle en plus des achats pour offrir sans se renier. Elle restera fidèle à sa spécialisation sur les chocolats bean to bar monoorigine de fabrication artisanale (conchage à la meule de pierre dans des cuves en cuivre pendant 24 à 36 heures), faiblement transformés (ni sel, ni lécithine et pas plus de 1,5 % de beurre de cacao ajouté) et déclinés en une large palette aromatique.

Olivier Costil

Qu’est-ce que FrenchFood Capital ?

FrenchFood Capital se définit comme un “fonds d’investissement indépendant, expert et entrepreneurial” qui investit dans le développement des PME et ETI du secteur alimentaire. Créé début 2016 par Laurent Plantier, le fonds est notamment présent chez Thierry Marx La Boulangerie (3 boutiques à Paris, 1 à Tokyo), Terroirs d’Avenir (16 magasins d’alimentation en circuit court à Paris), Markal (spécialiste de l’épicerie sèche pour les magasins bio). FrenchFood Capital a réalisé l’été dernier sa première cession : la vente du fabricant savoyard de tisanes Les 2 Marmottes à JDE Peet’s (ex-Jacobs Douwe Egberts). L’entreprise avait été acquise en 2018.

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