Huile d’Olive : l’importation domine le marché de l’épicerie fine

Article mis en ligne par · 30 mai 2013

Selon une étude réalisée l’an passé par l’Afidol*, plus de 95 % de l’huile d’olive consommée en France est importée, principalement d’Espagne, d’Italie et de Tunisie. Sur ce marché qui reste porteur, le monde de l’épicerie fine se distingue par la vente d’huiles d’olive haut de gamme, attirant les consommateurs avertis et les acheteurs en quête de cadeaux.

L’étude publiée l’an passé par l’Association française interprofessionnelle de l’olive portait sur la consommation globale de l’huile d’olive en France tous canaux de distribution confondus, toutefois les épiciers fins peuvent en tirer quelques enseignements.

Le premier est que notre production se révèle majoritairement qualitative avec huit A.O.C. et sept A.O.P. Le second, que ce marché est en progression, même si nous ne sommes que les 6e consommateurs d’huile d’olive en Europe. Pour Alexandra Paris, responsable communication & économie de l’Afidol, « la principale raison de cet attrait pour l’huile d’olive est la mise en valeur d’un point de vue scientifique de l’alimentation méditerranéenne, de ses bienfaits pour la santé et de la bonne communication qui a été faite dans les années 80. Pourtant, précise Alexandra Paris, moins de 5 % des huiles d’olive consommées en France sont françaises.

Et, au niveau de la grande et moyenne surface, cette part de marché représente à peine 1 % des ventes des huiles haut de gamme. » Réalisée par Nielsen, cette étude fait par ailleurs ressortir une constante augmentation de la consommation d’huile d’olive bio. « Cette hausse profite principalement aux huiles étrangères, la totalité (ou presque) des huiles bio vendues dans la grande distribution comme dans les circuits spécialisés étant des huiles d’importation. Les huiles françaises bio sont plutôt vendues sur des circuits courts, et notamment en vente directe. » Avec une différence de prix notable puisque le prix moyen de la bouteille d’huile bio importée est de 7,80 €, alors qu’il oscille entre 17 et 21 € pour l’huile d’olive bio française.

La carte de l’épicerie fine

Si elles n’ont pas le monopole des huiles d’olive A.O.P. ou A.O.C., ni même celui des huiles d’olive bio, les épiceries fines répondent cependant à une demande spécifique qui est celle de l’excellence garantie et de la découverte. A ce titre, toutes les huiles d’olive proposées par ce circuit sont des huiles haut de gamme, françaises (entre 10 et 20 % de l’offre) ou étrangères, proposant le plus souvent en matière de valeur ajoutée la confidentialité (petites productions), l’exotisme (huiles d’olives étrangères), l’originalité (huiles aromatisées) et enfin la créativité ou l’élégance des packagings (tendance parfum ou spray).

L’Italie et l’Espagne arrivent en tête en épicerie fine, avec une belle avance pour les huiles italiennes. Les huiles d’olives aromatisées se taillent en effet une belle part de l’offre en épicerie fine, au point de constituer une niche à part entière que nous analyserons dans un prochain numéro. Concernant les huiles d’olives étrangères pures (sans arôme) : l’Italie et l’Espagne arrivent en tête en épicerie fine, avec une belle avance pour les huiles italiennes qui jouent depuis longtemps la carte de la précision tant sur la variété des olives, que le terroir et même la récolte… Certaines maisons comme Planeta proposant en flacon de 100 ml (4,50 €) une huile à base d’olives de l’AOC Val di Mazzara en Sicile « récoltées entre le 15 octobre et le 30 novembre à la main ».

L’Espagne rattrape son retard (essentiellement au niveau du packaging) grâce notamment à l’enthousiasme de quelques grands chefs français dont Joël Robuchon, qui ne jure que par une huile d’assemblage (on dit coupage) élaborée à partir de cinq variétés d’olive de la région d’Alicante ou de Masia El Altet et commercialisée en France par Evootrade (21 € la bouteille). Cet importateur propose par ailleurs une huile monovariétale d’Andalousie réalisée à partir de picual (18 € les 50 cl) par la maison Melgarejo.

« Ce producteur a affiné au maximum les techniques de transformation de cette variété d’olive, commente Christophe Ducasse, responsable commercial chez Evootrade, et le résultat en bouche est extraordinaire. Je propose cette huile en complément avec une autre monovariétale très complémentaire, une arbéquine du nord de l’Espagne qui vient d’être référencée à la Grande Epicerie. » Suivent la Grèce, Chypre, Israël et, d’une façon plus générale, tous les pays producteurs de vin.

Tendance cadeau : une tendance semble toutefois être l’apanage des épiceries fines, c’est celle de l’huile d’olive au packaging très étudié comme celles du Château d’Estoublon ou de A l’Olivier qui conviennent à des achats cadeaux. A noter, l’apparition des sprays (avec les fioles pour recharge) et des bidons miniatures (25 cl) qui répondent à un mode de consommation ludique et découverte. Dernière tendance générale observée, la réduction des contenants qui permet de rester dans des prix acceptables. Du côté consommation enfin, l’huile haut de gamme, qui était surtout utilisée pour les salades et les fins de cuisson (signature du plat), connaît une évolution. « Les études montrent que de plus en plus de gens cuisinent avec l’huile d’olive, associée au plaisir de cuisiner », conclut Alexandra Paris.

*Afidol (Association française interprofessionnelle de l’olive).

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