La filière café, un sort inégal face à la crise sanitaire

Article mis en ligne par · 18 décembre 2020

Meilleur Ouvrier de France Torréfacteur 2019, Vincent Ballot vient tout juste d’être élu président de la SCA, association du café de spécialité. 

Le Monde de l’Épicerie Fine – Vous avez été élu récemment président de la SCA France.
C’est un mandat de deux ans ; que vous êtes-vous
fixé comme objectifs ?

Vincent Ballot – Avec les membres du bureau, le premier objectif que nous nous sommes fixé, c’est d’augmenter de façon significative le nombre de nos adhérents. Et pas seulement à l’occasion des concours que nous organisons et qui, traditionnellement, nous valent des adhésions. On souhaite recruter en dehors, toute l’année, en valorisant davantage encore les formations qui font notre réputation. On souhaite aussi travailler de concert avec les différentes fédérations – le Collectif Café, le Syndicat du Café… – quand il s’agira de faire entendre la voix de la filière café. Il faut aussi que l’on puisse se rapprocher les uns des autres pour organiser ensemble un beau et grand salon autour du café. 

LMEF – Un exemple de préoccupation commune ?

V.B – La crise sanitaire. Il y a des pans entiers de notre profession qui ont souffert le martyre, plus particulièrement ceux qui fournissaient les CHRD ou les distributeurs automatiques. On oublie trop souvent l’effet domino et c’est d’ailleurs pourquoi nous sommes intervenus récemment auprès de Monsieur Alain Griset, ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises. Nous lui demandons de faire reconnaître le code NAF des torréfacteurs au même titre que les restaurateurs afin de pouvoir bénéficier des mêmes aides.

LMEF – Existe-t-il un profil type d’adhérent à la SCA ?

V.B – Cela va du barista au torréfacteur en passant par l’aficionado du café qui a suivi des formations chez nous. On ne peut pas parler d’un profil type, mais c’est quelqu’un qui évolue dans le monde du café, qui considère que le café de spécialité est quelque chose qui tire toute la filière vers le haut. On trouve aussi chez nous des gens qui évoluent dans le monde des machines, des moulins, et c’est bien sûr ouvert aux épiciers fins.

LMEF – Quel est le prochain rendez-vous national ?

V.B – On avait prévu quelque chose au Centquatre-Paris en mars, mais c’est compromis. L’autre événement
se fera à Lyon avec le Sirha qui débute le 29 mai 2021 : le championnat du café aura lieu à ce moment-là.

LMEF – Vous avez reçu le titre de MOF Torréfacteur
en 2019 avec deux autres candidats.
C’était la première fois que la torréfaction intégrait
ce concours. Qu’est-ce que cela a changé ?

V.B – C’est un titre qui fait beaucoup parler et qui permet d’ouvrir des portes. La reconnaissance de l’excellence du diplôme “Un des Meilleurs Ouvriers de France” a permis de mettre un énorme coup de projecteur sur un métier et plus généralement sur l’ensemble de la filière du café. C’est aussi une reconnaissance qui a un impact localement. En Haute-Saône notamment, les gens sont fiers d’avoir un MOF. Et enfin, au niveau de l’enseigne que je dirige avec mon épouse Barbara – laGrange – la division café a pris de l’ampleur grâce à cette distinction.

LMEF – Il paraît que vous avez mis au point un calendrier de l’Avent inédit ?

V.B – Oui, c’est quelque chose dont nous sommes très fiers car c’est l’un des rares calendriers – peut-être le seul – qui propose non pas des capsules ou des sachets, mais du café en grains. Vingt-quatre cafés sélectionnés et torréfiés par un MOF avec des origines originales qui vont du Yémen en passant par le Sri Lanka, les îles Gálapagos. On termine le 24 décembre avec un café 100 % made in France qui est produit sur l’île de la Réunion : le Bourbon Pointu. Pour chaque jour, 12 grammes de café en grains, c’est-à-dire de quoi faire deux tasses et voyager dans des endroits que vous n’imaginez même pas !

Propos recueillis par Bruno Lecoq

www.lagrangedirect.com

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