Épicerie fine historique du centre-ville de Vannes, La Tapenalgue a été fondée en 1983 et reprise par Jérôme Nagat en 2011. Sélection évolutive, prix attractifs et adaptation aux évolutions des comportements d’achat figurent, selon son gérant, parmi les facteurs qui contribuent à la pérennité de l’enseigne. Précisions.
Le Monde de l’Épicerie Fine – Jérôme, vous avez repris La Tapenalgue en 2011. Comment cette opportunité s’est-elle présentée ?
Jérôme Nagat – C’est mon prédécesseur qui m’a contacté directement. Il souhaitait prendre sa retraite et avait à cœur de continuer à faire vivre son commerce en le vendant à quelqu’un qu’il connaissait et en qui il avait confiance. Il avait ainsi pensé à moi.
Ayant déjà une épicerie fine à Lorient, Mille Délices, j’ai longtemps hésité avant d’y voir une opportunité intéressante de créer une synergie entre les deux établissements, en termes de gestion des stocks mais aussi d’attractivité. Ces deux épiceries fines ont, en effet, des profils très différents. La Tapenalgue attire majoritairement une clientèle touristique avec un fort pic de fréquentation pendant la période estivale, tandis que Mille Délices s’adresse à une clientèle locale, qui vient tout au long de l’année, avec des temps forts à Noël et à Pâques notamment.
LMEF – Quelle est votre organisation pour gérer ces deux points de vente ?
J.N. – J’ai délégué la gestion de l’épicerie fine de Lorient, Mille Délices, à deux employés à temps plein en qui j’ai une grande confiance et qui sont très autonomes. Je leur rends visite une fois par semaine.
Le reste du temps, je gère La Tapenalgue à Vannes. Une troisième collaboratrice travaille entre les deux magasins. Ancienne responsable du pôle traiteur et épicerie fine de la boutique parisienne Hédiard (ndlr : célèbre épicerie fine située place de la Madeleine qui a définitivement fermé ses portes en 2020), elle apporte son expertise dans la sélection des produits et leur mise en avant en magasin.
LMEF – Pouvez-vous nous présenter l’offre de La Tapenalgue ? Sa proposition a-t-elle évolué au fil des années ?
J.N. – La proposition de La Tapenalgue a effectivement beaucoup évolué, notamment lorsque j’ai repris la boutique. Aujourd’hui, ma gamme se compose de 2 000 références, majoritairement artisanales et haut de gamme, qui évoluent en fonction des saisons et des temps forts du calendrier.
Les produits bretons sont très populaires à La Tapenalgue ; c’est pour cela qu’ils représentent 60 % de l’offre avec des incontournables tels que les rillettes de la mer, les tartares d’algues, les sablés sucrés et salés, etc. Par ailleurs, nous sommes reconnus dans la commune – les locaux qui se sont passé le mot – pour notre offre de spiritueux. Vermouths, noyaux de Poissy, verveines du Velay, eaux-de-vie, whiskies, rhums, cognacs, armagnacs ou encore amarettos… que vous cherchiez un alcool tendance ou quelque peu oublié, il est fort probable que nous l’ayons en rayon (sourire).
Enfin, à l’approche des fêtes de fin d’année, nous proposons un rayon dédié avec notamment des produits frais d’exception comme le caviar ou le saumon fumé.
LMEF – Quels sont les produits que vous vendez le mieux ?
J.N. – Côté salé, les tartinades de la mer se sont toujours très bien vendues. Produites localement et à un prix très abordable, elles ont tout pour plaire. Les produits à base d’algues ainsi que les sardines ont le vent en poupe ces temps-ci. J’ai constaté une belle croissance des ventes sur ces produits depuis le début de l’année.
Côté sucré, les biscuits bretons et les caramels figurent en tête de nos meilleures ventes. Enfin, les spiritueux représentent une part significative de notre chiffre d’affaires, portée notamment par les gins, les whiskies et les alcools rares.
LMEF – Qui sont vos clients et avez-vous observé une évolution dans leurs comportements d’achat ces dernières années ?
J.N. – Notre clientèle se répartit principalement entre les habitants de Vannes et les touristes, avec une saisonnalité très marquée, puisque notre activité est particulièrement dynamique d’avril à septembre, puis en décembre.
Lorsque j’ai repris La Tapenalgue en 2011, c’était la seule épicerie fine de la commune. Depuis, nous avons vu arriver de nombreux concurrents, dont la plupart sont aujourd’hui fermés. Cela montre bien la difficulté de faire vivre ce type de commerce à l’année sur un marché local qui reste fortement dépendant de la saison touristique.
La clientèle vannetaise a évolué au fil des années. Elle est aujourd’hui plus âgée et son budget consacré aux achats plaisir a diminué. Du côté de la clientèle touristique, nous avons accueilli davantage de visiteurs internationaux cet été, parfois venus de très loin, comme des États-Unis ou d’Australie.
Par ailleurs, depuis quelque temps, nous observons une demande croissante de petits formats : petites bouteilles, petits sachets de caramels, petits pots de confiture… Nous proposons donc davantage de produits en petit format et nous constatons que cela plaît beaucoup. Est-ce que cet engouement répond avant tout à une question de budget, de praticité ou simplement à l’envie de goûter et de rapporter plusieurs spécialités ? Il est difficile aujourd’hui d’en déterminer précisément la raison.
LMEF – Enfin, selon vous, quels sont les ingrédients indispensables pour pérenniser une épicerie fine et continuer à séduire sa clientèle ?
J.N. – Premièrement, je dirais la régularité dans la qualité des produits proposés.
Deuxièmement, une politique de prix juste, et ce, encore plus lorsque la conjoncture n’est pas propice aux achats plaisir. Proposer des formats de petite taille peut être une réponse intéressante à la restriction de budgets.
Troisièmement, l’animation en point de vente est indispensable pour continuer à faire venir les clients. Renouveler régulièrement sa vitrine et toujours avoir un produit à faire déguster sont, selon moi, deux moyens indispensables de donner au client, d’une part, envie de rentrer dans le magasin et, d’autre part, de revenir découvrir et acheter d’autres produits.
Propos recueillis par Laura Margis
Fiche technique
Année d’ouverture : 1983
Année de reprise : 2011
Nom du gérant : Jerôme Nagat
Surface de vente : 55 mètres carrés
Nombre de références : 2 000
Nombre de personnes sur la surface de vente : 2
La Tapenalgue
23 rue des Halles
56 000 Vannes
02.97.42.69.65
Facebook : @Aux Mille Délices La Tapenalgue
Instagram : @la_tapenalgue
