Sur quels profils de consommateurs de légumineuses s’appuyer pour en stimuler la consommation ? Cette synthèse réalisée sur la base de l’étude Nutrimétrie 2024, cofinancée par les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales, montre que cette consommation reste très inégale selon les profils socio-démographiques. et propose des pistes pour les satisfaire.
Cinq profils de consommateurs de légumineuses
Consommer des légumineuses est vivement recommandé pour la santé, grâce à leur teneur élevée en protéines végétales et en fibres, et pour l’environnement, car leur culture émet bien moins de CO₂ que celle de la viande. Pourtant les Français en mangent peu : seulement 1,6 kg par an et par personne, soit moins de deux portions par mois, alors que le Programme National Nutrition Santé (PNNS 4) en préconise au moins deux par semaine. L’étude Nutrimétrie 2024, menée par Terres Univia et le cabinet C-ways, révèle que cinq types de consommateurs se dégagent, chacun avec ses motivations, ses freins et ses attentes spécifiques.
Le cadre urbain : praticité et santé au cœur des attentes
Le cadre urbain, souvent âgé de 35 à 50 ans, représente l’un des segments les plus consommateurs de légumineuses, avec une moyenne de 2,4 kg par an. Sensible aux enjeux de santé et d’environnement, il recherche des produits pratiques, rapides à préparer et compatibles avec un rythme de vie chargé. Les conserves aromatisées, les plats cuisinés à base de lentilles ou de pois chiches, ou encore les kits repas prêts en quelques minutes répondent parfaitement à ses attentes.
Pour capter leur attention, les arguments santé, comme la richesse en protéines végétales, et environnementaux, en mettant en avant la faible empreinte carbone des légumineuses sont à privilégier. Une communication axée sur la praticité et la qualité nutritionnelle, via des canaux digitaux ou des partenariats avec des influenceurs food, peut également s’avérer efficace.
Le senior : priorité à la tradition et la qualité

À l’autre extrémité de l’échelle des âges, le senior traditionnel, généralement âgé de 65 à 79 ans, consomme également plus de légumineuses que la moyenne, avec 1,9 kg par an. Contrairement aux cadres, il privilégie les légumineuses entières, en conserve ou sèches, qu’il sait cuisiner selon des recettes traditionnelles.
Ce profil est particulièrement réceptif aux produits locaux, bio ou sans additifs, ainsi qu’à une communication valorisant le terroir et le savoir-faire français. Ils sont donc la cible privilégiée des gammes premium, comme des lentilles du Puy ou des pois chiches de Provence. Des recettes inspirées de la cuisine régionale ou des ateliers culinaires en magasin sont susceptibles de les intéresser.
Le végétarien : déjà conquis par les légumineuses
Le végétarien, ou plus largement le flexitarien, constitue un troisième profil clé, avec une consommation annuelle atteignant 9 kg, soit près de dix fois la moyenne nationale. Motivé par des convictions éthiques, écologiques ou sanitaires, il est à la recherche d’alternatives végétales variées et de qualité. Les steaks de légumineuses, les laits ou yaourts végétaux, ainsi que les gammes bio ou premium trouvent un écho particulier auprès de ce public.
Pour le séduire, les producteurs ont intérêt à insister sur l’aspect éthique et environnemental des produits et à proposer une large diversité de formats et de saveurs. Les réseaux sociaux, les blogs spécialisés et les partenariats avec des associations végétariennes sont des leviers de communication particulièrement adaptés.
Le jeune actif : simplicité et budget pour lever les freins
Le jeune actif, âgé de 18 à 34 ans, consomme en moyenne 1,4 kg de légumineuses par an, un niveau en dessous de la moyenne nationale. Son principal frein est le manque de temps, mais aussi une méconnaissance des usages et des recettes.
Pour toucher ce public, les professionnels doivent proposer des formats ultra-pratiques, comme des conserves prêtes à l’emploi, des snacks à base de légumineuses ou des kits repas simples et rapides. Une communication axée sur le budget, la simplicité et le côté nomade des produits peut également faire la différence. Les tutoriels en ligne, les recettes en stories sur les réseaux sociaux ou les partenariats avec des influenceurs lifestyle sont des moyens efficaces pour lever les barrières à la consommation.
La famille avec enfants : praticité et éducation requises
Enfin, la famille avec enfants, souvent en quête d’équilibre entre budget, santé et praticité, consomme seulement 1,2 kg de légumineuses par an. Les freins sont nombreux : manque de temps pour cuisiner, difficulté à faire accepter ces aliments aux enfants, ou encore une organisation des repas complexe.
Pour surmonter ces obstacles, il peut être nécessaire d’investir en R&D pour développer des gammes adaptées aux enfants, comme des lentilles en forme d’animaux ou des purées de pois chiches, ainsi que des recettes familiales simples et ludiques. Les ateliers culinaires en magasin, les dégustations ou les promotions sur les lots familiaux sont autant de leviers pour inciter ces foyers à intégrer davantage de légumineuses dans leur alimentation.
Source : Cahier Perspectives & Innovation de Terre Univia, mai 2026
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