Quand la sardine millésimée séduit les collectionneurs

Article mis en ligne par · 3 novembre 2014

En ouvrant boutique il y a treize ans au cœur de Douarnenez dans la maison de ses grands-parents, Chantal Rivier n’imaginait pas que « Penn Sardin » (tête de sardine) allait devenir une institution. C’est pourtant le cas : touristes de passage, connaisseurs, restaurateurs mais aussi (et peut-être surtout) collectionneurs, connaissent cette adresse qui propose en boutique (mais aussi en ligne) une sélection riche de 150 boîtes de sardines différentes.

Et parmi ces boîtes aux décors qui surfent le plus souvent sur la vague de la nostalgie, ce sont les sardines millésimées qui ont la vedette. Les collectionneurs – que l’on appelle puxisardinophiles – se les arrachent et n’hésitent pas à débourser 10 €, parfois plus, pour une boîte rare. Pour le dessin évocateur d’une époque révolue où pas moins de 40 conserveries faisaient vivre toute la région de Douarnenez, ou pour celle à tirage limité, éditée pour souligner un évènement important comme le Festival des Filets Bleus en 2008.

Il y a aussi les gourmets qui apprécient la chair confite de ces sardines grasses sélectionnées dans les meilleurs lots de pêche. Une fois mises en boîte, celles-ci peuvent se bonifier durant une dizaine d’années à condition de les retourner régulièrement et de les conserver à l’abri de la chaleur. Inconditionnelle, Chantal Rivier se fournit exclusivement auprès de conserveries artisanales dont elle a goûté la production, à commencer par la conserverie « Chancerelle » créée à Douarnenez en 1853 et toujours en activité, qui commercialise ses produits sous la marque « Connétable ».

Pour s’assurer une sélection irréprochable, la commerçante recommande aux épiciers fins de s’adresser directement aux conserveries dont les noms s’affichent sur son site internet www.pennsardin.com. « Toutes celles que j’ai référencées, précise-t-elle, sont de bonne qualité. Au départ, je n’achète pas le dessin, j’achète la qualité de la sardine. Je ne référencerais pas une jolie étiquette qui ne correspond pas à mes critères. »

Une clientèle avertie : « La clientèle, commente Chantal Rivier, recherche surtout la sardine traditionnelle produite en Bretagne. Elle ne pose plus autant de questions qu’avant car il y a eu beaucoup d’articles et de reportages sur le sujet et ceux qui poussent la porte de ma boutique connaissent déjà bien le produit. » On peut difficilement s’improviser dans le commerce de la sardine millésimée car il faut du temps. En effet, les conserveries ont peu de stock sur les bonnes années de pêche ou sur les illustrations qui ont eu du succès.

Il faut donc les acheter lorsqu’elles sont produites et les conserver un certain temps avant de les mettre en vente et les réserver pour les collectionneurs. Avec un risque, car il y a parfois de la perte : certaines séries, sans que l’on sache pourquoi, s’abîment avec le temps. Pour trouver les noms des bonnes conserveries à interroger, une visite sur le site de Penn Sardin s’impose. Vous y retrouverez les noms de maisons réputées comme La Perle des Dieux, Les Mouettes d’Arvor ou encore la Compagnie Bretonne du Poisson.

Et une idée des prix pratiqués : de 4,85 € à 10 € la boîte en moyenne. Frais de port non compris.

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