RHUM : tout un monde d’opportunités en épicerie fine

Article mis en ligne par · 17 février 2015

Les Français redécouvrent le goût du rhum, et ils l’apprécient visiblement : c’est aujourd’hui la catégorie la plus porteuse de tout l’univers des spiritueux, grâce notamment au segment haut de gamme. Une aubaine pour le commerce sélectif qui peut miser en outre sur une offre d’une belle diversité. 

« Rhum », « rum », « ron » : les trois orthographes coexistent mais c’est bien d’une seule et même famille de produits dont il est question ici, et le moins qu’on puisse dire est qu’elle a le vent en poupe. Selon un rapport Wirspa (1), le rhum est en effet le spiritueux le plus dynamique des dix dernières années, tant à l’échelle mondiale (+ 40 % en volume, trois fois mieux que le whisky) qu’en France où, sous l’impulsion d’une offre premium qui ne cesse de s’étoffer, les ventes progressent d’au moins 25 % chaque année. Elles flirtent désormais avec la barre des 50 millions de bouteilles (les 2/3 consommées en métropole) et pour Jérôme Ardès, Brand Ambassadeur de la catégorie au sein de la société Dugas, le mouvement n’est pas près de s’arrêter : « Tout y concourt. Le rhum permet de toucher une cible plus large et plus consensuelle que d’autres alcools forts et l’engouement pour les rhums gourmands ou épicés de type Diplomatico, plus accessibles en goût, en arômes et en puissance que le rhum blanc classique, n’a fait qu’accentuer le phénomène. La quête d’exotisme, la perception d’un bon rapport prix/plaisir et toute l’animation créée autour de ces produits par les barmen contribuent aussi à installer durablement la tendance. »

TROIS STYLES DISTINCTS POUR CONSTRUIRE UN ASSORTIMENT

Le nombre de marques proposées en France est à l’avenant : en hausse exponentielle depuis quatre ans, avec plus d’une centaine de nouveaux venus qui illustrent, chacun à leur manière, la richesse d’une production rhumière hier encore ignorée par le plus grand nombre. On y retrouve l’expression des trois grands styles en vigueur, eux-mêmes faisant référence aux puissances coloniales qui ont régi plusieurs siècles durant les pays producteurs de canne à sucre :

> Le style français (rhum) qui fait rimer vivacité et complexité avec dans les rôles titres, la vingtaine de distilleries toujours en activité en Guadeloupe (9 dont 3 à Marie-Galante) et à la Martinique (9 + 2 Habitations).

> Le style anglo-saxon (rum) avec à la clé, des rhums réputés vifs et aromatiques ayant comme origines principales la Barbade (terre d’élection du premier rhum, au milieu du 17e siècle), Antigua, la Jamaïque, les Bermudes, les Îles Vierges, Trinidad & Tobago, Sainte-Lucie…

> Le style espagnol (ron) qui associe globalement douceur et puissance aromatique à l’exemple de ce qui est distillé au Guatemala, au Panama, au Venezuela ou au Costa Rica.

SOUS LE SIGNE DE LA MONTÉE EN GAMME

De Dugas à La Maison du Whisky en passant par CBH, Lixir, Bardinet, Spiridom et autres Tradelink, les catalogues des fournisseurs sont dès lors autant d’invitations au voyage, et après le vénézuélien Diplomatico, le guatémaltèque Zacapa ou le philippin Don Papa, le trio star du moment, d’autres noms sont dans les starting-blocks. Fait intéressant pour le commerce de détail, le tout se fait sur l’air de la valorisation. Exemple : le lancement il y a un an par la Wirspa du label ACR (Authentic Caribbean Rum) qui, plan de communication à l’appui, garantit l’authenticité, l’origine et la haute qualité de 17 marques de 12 pays (Belize, Grenade, Guyane, Haïti, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines…).

Et le rhum agricole, qui représente toujours 9/10 de la consommation nationale, se met lui-même au diapason. S’inspirant du concept ultra premium initié par le Cognac Frapin en 2008, les premiers rhums « Triple Millésime » ont ainsi fait leur apparition chez Trois Rivières et J.M. avec des prix publics moyens dans la fourchette 45 € – 80 €. 

Seul spiritueux produit sur tous les continents et dans tous les océans, le rhum voit donc s’ouvrir devant lui une voie annoncée royale par tous les professionnels. L’épicerie fine peut et doit y prendre sa place.

Guy Leray

(1) West Indies Rum and Spirits Producers’ Association Inc.

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