Comité Champagne 2027

Le Comité Champagne se projette en 2027 et au-delà

Après deux années consécutives de baisse en valeur et en volume, l’interprofession du champagne ne croit pas à un fort rebond des ventes en 2026. Le Comité Champagne prépare une relance à moyen terme, avec un premier un temps fort grand public dès 2027.

« On ne peut pas dire que les deux dernières années ont été porteuses de bonnes nouvelles. Nous espérons que 2026 marquera un rebond mais celui-ci ne sera sans doute pas très significatif. En revanche, nous restons très positifs sur le moyen terme », ont déclaré les coprésidents du Comité Champagne Maxime Toubard (président du Syndicat Général des Vignerons de Champagne) et David Chatillon (président de l’Union des Maisons de Champagne), le 10 février dernier lors de la conférence annuelle tenue par l’organisation interprofessionnelle sur le salon Wine Expo Paris.

L’export ralentit, la France se dérobe

L’an dernier, le chiffre d’affaires du champagne en 2025 a atteint 5,7 milliards d’euros contre 5,8 milliards en 2024 (-1,7 %). Les expéditions de bouteilles se sont établies à 266 millions, en très léger tassement par rapport à 2024. L’export (57 %) est resté quasiment stable d’une année sur l’autre, malgré les hausses de taxes douanières états-uniennes. Il est vrai que ces dernières n’avaient pas encore produit leur plein effet, les grossistes-importateurs ayant au préalable eu largricement le temps d’augmenter leurs stocks.

Le marché français a représenté environ 114 millions de bouteilles en 2025, en recul de 3,5 % par rapport à 2024 après -7,2 % en 2023. « Il constitue toujours le marché de référence du champagne et demeure donc une priorité absolue pour la filière », a affirmé Charles Gomaere, directeur général du Comité Champagne. La France « est une vitrine pour notre appellation », a quant à lui rappelé Maxime Toubard, insistant sur la nécessité de renforcer les positions du champagne sur le marché domestique.

Un rendez-vous oenotouristique en 2027

Pour rebondir, les champenois comptent entretenir le désir en misant sur les expériences consommateur. Ils misent notamment sur l’oenotourisme, déjà fortement développé en Champagne. La région revendique en effet le rang de troisième destination premium de France, avec 2 millions de visiteurs pour la seule ville d’Épernay (Marne). L’interprofession prépare aussi une montée en puissance dans l’événementiel. Elle annonce un rendez-vous festif avec musique et spectacles dans les maisons et chez les vignerons de la région pour le 5 juin 2027. Le programme précis, en cours d’étude, sera divulgué ultérieurement.

Comite champagne wine paris 2026
Les coprésidents David Chatillon et Maxime Toubard à la conférence du Comité Champagne sur le salon Wine Paris.

Cette fête annoncée s’inscrit dans un objectif à moyen terme de « renforcer la désirabilité » du champagne. « La concurrence avec les autres vins effervescents s’intensifie. Les modes de vie changent. Les consommateurs inventent de nouveaux modes de célébrations », souligne David Châtillon. Face a ces défis, le champagne peut compter sur son image. Selon le Comité Champagne, sa notoriété est de 227 en France et de 120 dans le reste du monde, la note de 100 correspondant à la moyenne des vins effervescents.  « Nous avons tous les atouts – des vins d’excellence, un savoir‑faire unique et la force du collectif – pour consolider cette position et faire rayonner le champagne », commentent les coprésidents du Comité Champagne.

Se préparer au consommateur de 2040

« Le champagne reste la référence mondiale de l’effervescence et le symbole de la célébration. Maintenant il faut trouver le ressort pour réaffirme que le champagne est la boisson de la fête », poursuivent-ils. La filière champagne vient de lancer une étude sur la stratégie du champagne à l’horizon 2040. Un groupe composé de 13 vignerons, d’autant de marques et de deux courtiers a été réuni. Il a pour mission d’étudier la question du point de vue du consommateur. Un plan d’actions doit être adopté courant 2026.

À moyen terme, la profession mise par ailleurs sur l’approfondissement de son engagement environnemental, sur lequel elle n’entend pas revenir mais au contraire intensifier. Première filière viticole à avoir réalisé un bilan carbone, dès 2003, le champagne en est aujourd’hui à son cinquième. Au terme de son deuxième plan carbone, l’interprofession annonce avoir atteint l’an dernier son objectif de réduire ses émissions de gaz carbonique de 25 %. Le premier poste de réduction est celui des emballages (-35 %). Mais tout le process de production est concerné : -24 % pour les vignes, en 23 % pour la commercialisation, – 18 % dans les caves.

Zéro carbone en 2050

La filière s’oriente désormais « vers le zéro carbone net en 2050. Renforcer la confiance dans nos vins compte au moins autant que leur qualité », affiche le Comité Champagne. Si la filière estime qu’elle est en mesure de réduire d’elle-même jusqu’à 75 % de ses émissions de gaz carbonique, le dernier quart ne pourra être atteint que part des actions de compensation. Celles-ci seront mis en œuvre au sein du terroir champenois.

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