Accord bio l'epicerie naturelle st tropez

Comment Accord Bio rallie les épiciers et marques bio

Accord Bio, nouveau pôle d'attraction des épiciers et marques bio

Vingt-cinq ans après sa création, le groupement de magasins Accord Bio a recruté pas moins de 60 nouveaux adhérents en 2025, portant son réseau à 265 magasins. Une dynamique fondée sur un principe de relation directe entre les magasins et leurs fournisseurs, qui prend le contrepied des méthodes de la grande distribution…

Une croissance remarquable sur un marché concurrentiel

Selon les premières évaluation d’Éric Natali, président d’Accord bio, les magasins du groupement ont réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires supérieur à 235 millions d’euros, en hausse d’au moins 15 % à périmètre courant et de 5 % à périmètre constant. Accord Bio affiche une croissance bien supérieure à celle du marché des magasins bio spécialisés (+6,6 % en 2025 selon le magazine Biolinéaires), même s’il se positionne loin du leader de la distribution bio spécialisée, Biocoop (autour de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur 740 magasins),.

Sur son propre univers, celui des groupements de magasins bio indépendants, Accord Bio creuse par ailleurs l’écart avec le numéro deux, Biomonde, dont le site recense aujourd’hui 108 magasins, soit une bonne vingtaine de moins qu’il y a un an… Cette coopérative de commerçants, depuis une tentative avortée de se doter d’une plateforme centralisée, peine à se relancer.

Bien qu’Accord Bio mène une politique de recrutement offensive, Éric Natali, président du groupement, se défend d’aller débaucher dans les réseaux concurrents. « Seulement cinq magasins sur les soixante qui nous ont rejoint l’an dernier provenaient d’une autre enseigne nationale, précise-t-il en effet. Ils sont venus de leur propre initiative car nous nous interdisons de prospecter auprès des autres réseaux. La quasi-totalité de nos nouveaux adhérents sont des ”purs” indépendants à leur propre enseigne. »

Les avantages de la mutualisation sans les inconvénients

À ces détaillants indépendants, Accord Bio promet de bénéficier des avantages de la mutualisation sans en supporter les inconvénients. Le groupement n’impose pas d’enseigne commune ni de concept magasin, n’a pas de centrale d’achats ni d’entrepôt, ne prescrit pas de tronc commun d’assortiment aux magasins et récuse toute idée de se doter d’une marque de distributeur (MDD) afin de « préserver la diversité de la bio », indique le magazine diffusé par le groupement au dernier salon Natexpo, où Accord Bio avait pour la première fois loué un stand…

« Aucun produit n’est imposé. Nos adhérents choisissent librement ceux qu’ils veulent mettre en rayon parmi 190 fournisseurs référencés. La seule obligation est que 95 % de leur offre soit bio », confirme Éric Natali. En contrepartie, les magasins bénéficient de remises sur les volumes auprès des fabricants référencés, auxquelles peuvent s’ajouter des remises de largeur de gamme, consenties par les fournisseurs ayant signé un accord dit « tripartite » (car ils impliquent un grossiste en plus du fabricant et du groupement), en fonction du nombre de références présentée par le magasin. Le groupement négocie également des réductions auprès de fournisseurs d’équipements et de prestataires de services comme les assurances.

Une structure légère et participative, clé de l’attractivité d’Accord Bio

Né de la scission en 2000 de magasins Biocoop qui refusaient l’adoption par cette dernière du statut de coopérative et les contraintes de référencement qui l’accompagnaient, Accord Bio s’est construit autour d’une structure ultra légère et peu coûteuse. Le statut d’Accord Bio est en effet celui d’une association Loi de 1901. Son siège social est implanté loin de la capital, à Albi (Tarn). Les adhérents, qui s’acquittent d’une modique cotisation annuelle de 600 euros hors taxes par magasin, y jouent une rôle prépondérant.

Ainsi, sur les 13 membres du conseil d’administration, 12 sont propriétaires de points de vente, le treizième poste étant dévolu au directeur général, Max Cois. Ce dernier manage une équipe comptacte, composée d’une acheteuse, d’une assistante de direction et d’une assistante de communication. Accord Bio s’est par ailleurs doté d’un ”intranet adhérents” apportant à ces derniers une aide à la gestion des ventes, l’accès à des données statistiques et moyens et des moyens automatisés de suivre leurs achats. Un outil connecté de partage de données de caisses doit venir le compléter cette année. Enfin, le groupement procure des supports de communication point de vente, dont un magazine distribué aux clients.

La volonté de soutenir les marques de fabricants

Les échanges directs entre adhérents et avec leurs fournisseurs sont un des fondements de la dynamique du réseau. « Le conseil d’administration se réunit en ”présentiel” six fois par an, dont trois sessions de deux jours chez un de nos fournisseurs », relate Éric Natali. Depuis 2022, le groupement a également mis en place des réunions régionales et créé trois commissions nationales de réflexion composées de gérants de magasins : communication, relations fournisseurs, adhésion.

Cette structure courte et participative est garante de la réactivité du réseau, expose Éric Natali : « par exemple, nous sommes capables de référencer une nouveauté du jour au lendemain, sans avoir à suivre une procédure longue et uniformisée comme dans les enseignes centralisées », argumente le président du groupement, qui se positionne en soutien des marques de fabricants. « La diversité commerciale est une sécurité pour les fournisseurs face à la concentration alors que de la distribution leur fait courir des risques », souligne-t-il en effet, en évoquant le cas d’un fournisseur déréférencé d’un réseau bio régional, suite au rachat de ce dernier par une chaîne nationale.

Des formats variés et des adhérents volontaristes

Accord Bio regroupe des magasins aux profils très variés : épiceries de quartier, magasins de vrac, boutiques de producteurs, concepts hybrides d’alimentation, restauration et tiers lieux… « Les surfaces de nos adhérents s’étendent de 30 mètre carrés à plusieurs centaines de mètres carrés, avec des chiffres d’affaires annuels compris entre 300 000 et plusieurs millions d’euros. Ce qui les relie, c’est une même volonté de se développer et de développer le marché bio », décrit Éric Natali. Un entrain sur lequel Accord Bio compte pour poursuivre sa croissance : le groupement s’est fixé pour objectif de passer le cap des 300 magasins adhérents cette année.

Epicerie du Coing Clécy Adhérent ACCORD BIO
L’Épicerie du Coing, adhérent Accord Bio de Clécy (Calvados)

Partager sur :

Facebook
Twitter
LinkedIn

Abonnement Newsletter

« * » indique les champs nécessaires

Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
En validant ce formulaire, j’accepte de recevoir les Newsletters Le monde de l'EPICERIE FINE. J’accepte également que mes données soient réutilisées conformément à notre politique de confidentialité.