Cacao durable mode d’emploi

Article mis en ligne par · 4 janvier 2022
Le Syndicat du Chocolat et l’État français se sont engagés à agir pour améliorer le niveau de vie des planteurs de cacao et de lutte contre la déforestation importée. Une initiative ambitieuse.

Lancée le 1er octobre dernier à l’occasion de la Journée mondiale du chocolat, l’Initiative française pour un cacao durable embarque toute l’industrie chocolatière dans une démarche commune « en faveur d’une cacaoculture prospère et durable au bénéfice des producteurs et de l’ensemble de la filière ». Ses signataires sont en effet : le Syndicat du Chocolat, qui représente 64 entreprises françaises de toutes dimensions réparties sur toute la filière, depuis la première transformation des fèves jusqu’aux boutiques spécialisées ; le gouvernement français, impliqué au titre de la « Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée » ; près d’une dizaine d’ONG et organismes œuvrant pour le commerce équitable, l’environnement, le développement africain (Commerce équitable France, Max Havelaar, Rainforest Alliance, WWF, AFD…) ; et cinq enseignes de grande distribution.

Ces acteurs se sont engagés à œuvrer de concert pour améliorer le revenu des cacaoculteurs, bannir l’importation de cacao issue de zones de déforestation et lutter contre le travail des enfants et le travail forcé (lire encadré). La production de cacao est en effet le parent pauvre d’une industrie mondiale du chocolat plutôt prospère. Les fèves sont récoltées par quelque 4,5 millions de petits paysans de la « ceinture du cacao », la bande géographique entourant l’équateur où poussent les cacaoyers. Une grande partie d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté, notamment en Afrique de l’Ouest où se concentre 70 % de la production.

Une feuille de route à définir

Cette situation a des conséquences économiques, sociales et environnementales. Là où un modèle de production intensive basé sur le défrichage a été appliqué (comme en Côte d’Ivoire par exemple), les agriculteurs n’ont plus les moyens de payer les fertilisants et d’entretenir les cacaoyères. La productivité et la qualité baissent. Les plantations anciennes sont abandonnées pour de nouvelles issues de nouveaux défrichements. Le dénuement des cacaoculteurs encourage le travail des enfants…

 

La pauvreté des planteurs est « un enjeu majeur très clairement identifié », explique Gilles Rouvière, directeur général du Syndicat du Chocolat. Les réponses apportées par certains chocolatiers engagés n’ont jusqu’à présent pas suffi à résoudre le problème. L’Initiative a donc pour ambition de « fédérer les énergies pour avancer sur des solutions durables, opérationnelles et activables sur le terrain, au-delà des actions individuelles et collectives déjà déployées et en collaboration avec les autorités des pays producteurs », précise Gilles Rouvière. Un vaste programme où tout est à (ré)inventer. Des groupes de travail dédiés à chaque objectif doivent tenir leurs

premières réunions dans les prochaines semaines pour élaborer une feuille de route et travailler à des indicateurs de suivi. Il est également prévu que ceux-ci soient harmonisés avec ceux de collectifs similaires existants en Allemagne, Belgique, Suisse et aux Pays-Bas

Olivier Costil

Trois objectifs

· Améliorer le revenu des cacaoculteurs et de leurs familles afin qu’ils puissent atteindre un revenu décent (au sens du Living income community of practice) au plus tard d’ici 2030, en collaboration avec les pays producteurs.

· Mettre fin au plus tard d’ici 2025 aux approvisionnements de l’industrie française du cacao issus de zones qui ont été déforestées après le 1er janvier 2020.

· Lutter et marquer des progrès contre le travail forcé et le travail des enfants dans les régions productrices de cacao, tout en contribuant à favoriser les droits de l’enfant et leur accès à l’éducation.

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