Distribution / Retail : les évolutions vers le « Zéro-Déchet » se font sentir, mais la dynamique reste modérée.

Article mis en ligne par · 11 février 2019 ·

Une étude IPSOS commandée par COMERSO – acteur phare accompagnant les entreprises vers le Zéro-Déchet – révèle que les acteurs du Retail (GMS et GSS) poursuivent le déploiement de stratégies et actions vers le Zéro-Déchet.  C’est le cas notamment des GMS dont le nombre d’actions anti-gaspi a continué d’augmenter en 2018.

Toutefois, l’étude souligne de nombreux points d’amélioration : 28% seulement des GMS adoptent la complémentarité des actions priorisées dans le texte de la Loi Garot

D’autre part, les acteurs du Retail n’ont pas encore bien identifiés la notion de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et une majorité des responsables de magasins ne sont pas « véritablement convaincus » de l’impact économique positif de la démarche.

Les 2 circuits du spectre de l’étude – GMS et GSS – n’ont pas la même dynamique ni le même niveau de prise de conscience de leurs problématiques. Or, le gaspillage n’est pas qu’alimentaire, il est partout et une approche globale est de rigueur.

 

RSE : une notion mal identifiée des entreprises du Retail.

La RSE n’est pas une notion très connue des acteurs du Retail : 61% ne connaissent pas l’acronyme. Parmi ceux ayant déclarés connaître la notion, l’aspect environnemental est le mieux assimilé (95% des répondants) mais 53 % ne lui associe pas de dimension économique.

Au final, 22% seulement savent qu’elle recouvre les 3 domaines : économique, environnemental et social. Avec seulement 29% des interviewés étant « totalement convaincus » que la RSE est un levier d’optimisation économique de l’entreprise, on voit là tout l’enjeu et le chemin restant à parcourir pour que la RSE accélère son déploiement dans les entreprises du Retail.

Les enseignes de la GMS ont toutefois une meilleure connaissance de la RSE que les GSS, révélant ainsi une sensibilité et une maturité à prendre soin de leur écosystème plus avancée. Ceci est la résultante positive du contexte réglementaire installé en GMS (Loi Garot) et de l’important écho médiatique autour du « gaspillage alimentaire » qui a fait progresser les consciences.

 

Lutte contre le gaspillage : GMS vs GSS, une dynamique et des états d’avancement distincts.

En 1 an, le déploiement des actions anti-gaspillage en GMS a poursuivi sa croissance.  En moyenne7,2 actions sont mises en place par magasin (vs 5.4 en 2017). La formation, la sensibilisation, la transformation en magasin et la vente assistée se sont fortement développées cette année.

La meilleure gestion des stocks (pratiquée par 97% des GMS), le don aux associations (96%), le stickage des produits à dates courtes (92%) restent les actions privilégiées.

Toutefois, seules28,2% des GMS pratiquent la complémentarité des actions priorisées dans la Loi Garot : DONS + STICKAGE + VALORISATION BIODECHETS (ce chiffre reste faible mais progresse vs 2017 qui était à moins de 6% des GMS).

En GSS, 6 actions anti-gaspi sont mises en place en moyenne par point de vente. 3 leviers clefs sont mis en place pour la lutte anti-gaspi en GSS : les soldes (pratiqués par 96% des enseignes), la meilleure gestion des stocks (69%), et les ventes privées (63%).

Le don aux associations est également pratiqué à hauteur de 61%, tout comme le déstockage (43%).

 

Promotions et déstockage : des pratiques incontournables.

Pour lutter contre le gaspillage, les actions de promotions sont très pratiquées aussi bien en GMS qu’en GSS.

En GMS, les promotions prennent la forme du « stickage » et 92% le pratique.

Le stickage a un véritable impact économique à partir du moment où il est « managé » efficacement.
En effet, afin de maximiser la rentabilité des produits en fin de vie il est important d’avoir une stratégie promotionnelle bien définie (il n’est pas nécessaire par exemple de sur-promotionner certaines catégories de produits).

En GSS, la promotion prend diverses formes : soldes en points de vente, ventes privées sur internet ou déstockage.

Le déstockage est perçu comme efficace pour lutter contre le gaspillage avec une note attribuée de 7 / 10, et est utilisé en GSS essentiellement sur les « fins de série », alors que d’autres produits pourraient en bénéficier (produits issus d’erreur de commande ou défectueux …). Le déstockage est géré en grande partie par les centrales des magasins, expliquant que les directeurs des points de vente ont une connaissance relative du domaine.

 

Dons aux associations : l’enjeu n°1 GMS : la fréquence de collecte / l’enjeu n°1 GSS : l’évangélisation des pratiques.

96% des GMS travaillent avec les associations !

Mais à côté de cela, quasiment 1 magasin sur 2 (47% des GMS) n’est pas collecté quotidiennement, ce qui signifie inévitablement que la destruction de produits frais à DLC courtes propre à la consommation perdure !

La fréquence de collecte des produits frais en GMS constitue ainsi l’enjeu n°1 pour tendre vers le « Zéro-Déchet ». D’autre part, comme la variété des actions anti-gaspi s’est démultipliée cette année, mécaniquement le volume de don aux associations a pu être impacté.

L’étude révèle par ailleurs que le don ne s’improvise pas et doit être « managé » pour être sécurisé et performant.

Pour donner davantage, certains magasins pensent qu’un assouplissement de la réglementation des produits éligibles au don pourrait permettre d’augmenter les volumes.

D’un point de vue réglementaire, il est intéressant de noter qu’en 2018, il n’y pas eu de contrôle des magasins sur leurs Dons de la part des autorités, alors même que cela est prévu dans le texte loi.

Côté GSS, 61% pratiquent le don aux associations. Cela semble donc perfectible. D’autant plus que parmi les GSS qui ne donnent pas, 13% déclarent détruire de la marchandise !

D’un point de vue réglementaire, une grande majorité des GSS ne connaissent pas la réglementation fiscale liée aux dons …

 

La valorisation des biodéchets, un axe perfectible en GMS.

Les fruits & légumes restent la 1ère source de déchets en GMS (pour 81% des GMS)

Parmi elles, seulement 59% ont mis place une valorisation des biodéchets, alors même que le cadre légal actuel oblige à trier et valoriser ces déchets pour les entreprises produisant ou détenant plus de 10 tonnes de biodéchets par an (soit la totalité du parc de GMS encadré par la Loi Garot).

Les GMS manquent souvent de temps et d’information pour mettre en place une véritable stratégie de revalorisation des biodéchets et ainsi tendre vers le « Zéro-Déchet » alors que l’enjeu est triple : réduction coût facture, amélioration indicateurs RSE, et communication de l’objectif « Zéro-Déchet » auprès de leur clientèle.

Les GSS sont confrontées majoritairement à des déchets cartons, qui bénéficient de filières de recyclage efficientes.

 

Le gaspillage : un problème global, nécessitant une réponse globale

La lutte contre le gaspillage a été identifiée dans le TOP 3 des priorités pour répondre à l’urgence climatique.

Dans les entreprises GMS, la prise de conscience est belle et bien là et leur sensibilité RSE continue de se développer.

Pour autant, beaucoup reste à faire … Seulement 28% des GMS appliquent au quotidien la complémentarité des actions priorisées dans la Loi Garot et les prises de consciences en GSS ne sont pas si avancées, la problématique du « gaspillage vestimentaire » restant encore confidentielle.  

Le gaspillage n’est donc pas qu’alimentaire. Il est partout ! C’est la raison pour laquelle une approche globale du sujet est de rigueur.
Les entreprises ont besoin de solutions pragmatiques pour s’engager dans l’action, maintenant, tout de suite.

Seul un suivi et la mesure efficiente des actions peut permettre une bonne compréhension et visualisation du problème. Piloter l’activité est indispensable pour adopter les bons comportements. 

La connexion entre les acteurs est encore difficile aujourd’hui (difficultés pour les GMS d’avoir des fréquences de collectes quotidiennes, méconnaissance des règles fiscales côtes GSS). L’enjeu se situe dans la connexion des acteurs, car pour être « compatible RSE » et converger à la fois vers l’économique, le social et l’environnement, les entreprises du Retail vont devoir poursuivre l’ouverture sur leur Ecosysteme.

 

 

Contact
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