Tout sur la Saint-Valentin

Article mis en ligne par · 11 février 2019 ·

Les fêtes qui jalonnent le calendrier entre Noël et Pâques, prolongent d’antiques pratiques méditerranéennes, païennes et religieuses. Elles sont l’occasion de solides traditions gourmandes auxquelles sont encore attachées les Français, même s’ils n’en connaissent pas toujours l’origine.

Les métiers de bouche, c’est leur rôle, en tirent profit. Boulangers et pâtissiers – par ici la galette – se sont appropriés l’Épiphanie le 6 janvier qui rappelle l’arrivée des Rois mages à Jérusalem. C’est aujourd’hui la fête des rois que la Convention (1793) appelait la “fête des sans-culottes”.

La Chandeleur (ou fête des chandelles) le 2 février, quarante jours après Noël, se rattachait avec les crêpes au cycle solaire, avant d’être annexée par l’Église pour la présentation de Jésus au temple. Galettes et crêpes sont une image du disque solaire (Sol Invictus) qui marquait à Rome, le retour de la lumière après le solstice d’hiver. La date de Mardi gras, entre la Chandeleur et la Saint-Valentin (14 février), est variable car elle est fixée quarante-sept jours avant Pâques dont la date, mobile, intervient le premier dimanche après la pleine lune suivant l’équinoxe de printemps (21 mars). C’est le dernier jour avant le Carême pour déguster les friandises.

En Provence, après les treize desserts de Noël, ce sont les navettes de Saint-Victor, patron de Marseille. Pendant les “Jours Gras”, l’on y trouve oreillettes à pleines banastes ainsi que merveilles et beignets parfumés à la fleur d’oranger. À Arles, les bugnes du Mardi gras sont appelées “buegno arlatenco” en provençal.

 

Une Saint-Valentin à l’origine inattendue

La Saint-Valentin c’est une autre histoire ! Sa célébration fut décidée par le pape à la fin du Ve siècle pour faire oublier la grande fête païenne de l’amour et de la fécondité – les Lupercales, ancêtres du Carnaval – qui comportait quelques tableaux pimentés. Notamment un grand banquet où se formaient des couples de jeunes gens par tirage au sort, à l’essai pendant une année.

Valentin selon l’hagiographie officielle, était un membre du clergé, décapité sur ordre de Claude II dit le Gothique (214- 270) un 14 février. Affaire curieuse, car les chrétiens n’étaient guère persécutés sous ce règne consacré à repousser les Goths au nord de l’Italie. D’où le surnom de cet empereur qui avait interdit le mariage pour que tous les célibataires puissent participer à la guerre. Ce stratagème efficace décida du sort des armes. Mais bravant l’ordre impérial, Valentin continuait à délivrer secrètement le sacrement du mariage. Emprisonné, il “donna la lumière” à une jeune aveugle, fille de son geôlier. Lui rendit-il vraiment la vue ?

Un autre hagiographe prétend qu’il l’enleva pour l’épouser, sans toutefois échapper au châtiment impérial. Quoi qu’il en soit, Valentine’s Day est la fête des amoureux célébrée d’abord en Grande-Bretagne, encouragée en France par les fleuristes, les chocolatiers et les restaurateurs qui ce jour-là ne proposent guère que des tables pour deux couverts. L’épicerie fine s’est mise au diapason.

Jean-Claude Ribaut