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La concentration de la distribution bio s’accélère

L’été 2022 marque un tournant dans la crise du bio. Il marque en effet l’entrée de la distribution spécialisée dans une nouvelle phase de concentration, après des années de course aux ouvertures. Marcel & Fils et surtout Naturalia sont notamment à la manœuvre.

Fin juin, trois magasins à l’enseigne parisienne Les Nouveaux Robinsons ont été repris par des franchisés Naturalia. Neuf doivent à terme la rejoindre, tous en franchise. L’opération soulagera Les Nouveaux Robinsons en difficultés et permettra de sauver leurs huit magasins restants. En juillet dernier, c’était au tour de la chaîne Marcel & Fils de réaliser une opération de croissance externe en rachetant les 18 magasins La Vie Saine. On se souvient que Marcel & Fils s’est porté candidat aux côtés de Biocoop à la reprise d’une partie des magasins Bio c’Bon, finalement repris par Carrefour. La chaîne originaire du Sud-est compte désormais plus de 60 magasins et prévoit de réaliser un chiffre d’affaires annuel de 140 millions d’euros en 2022. Objectif : 100 magasins en 2024. Plusieurs fonds d’investissements, présents au tour de table de Marcel & Fils, dont Weinberg Capital Partners, soutiennent son développement.

Rapprochement entre centrales d’achats

Mais c’est un mouvement d’une autre nature qui retient l’attention. Il implique à nouveau Naturalia et une autre enseigne aux dents longues, Les Comptoirs de la Bio. Au creux de l’été, une ligne du communiqué de résultats semestriels du groupe Casino, maison-mère de Naturalia, annonçait en effet que cette dernière et Les Comptoirs de la Bio allaient créer « une entité destinée à massifier leurs achats auprès des plus gros fournisseurs bio du marché ».  L’initiative, relevée par le magazine Biolinéaires, s’inscrit dans lignée de la création d’une « supercentrale » d’achats commune à Casino et Intermarché, baptisée Auxo. Intermarché la principale enseigne du groupement des Mousquetaires, qui détient une participation dans Les Comptoirs de la Bio. Depuis le récent départ de son fondateur Philippe Bramedie, cette enseigne est présidée par Philippe Manzoni, ancien président d’Intermarché, qui exploite aujourd’hui deux Intermarché et un Comptoir de la Bio.

Le président de Biocoop en rogne

Le projet de rapprochement n’a pas manqué de faire réagir Pierrick de Ronne, le président de Biocoop. « La bio se perdra en reproduisant ces pratiques, sachant que le tissu de fournisseurs en bio est essentiellement composé de TPE et PME », assure-t-il sur son compte Linkedin. Il y critique également l’actuelle campagne nationale de Naturalia sur les produits locaux, alors que le circuit court ne représente qu’une faible part de son chiffre d’affaires. Et s’offusque de la récente mise en place par Naturalia d’une formule d’abonnement à 5,90 € donnant droit à une réduction permanente de 10 % sur tous les produits. Inspirée de celle Monoprix, autre enseigne du groupe Casino, irait à l’encontre d’une bio « transparente »… « Le marché bio se concentre. C’est inévitable. Encore faut-il ne pas reproduire le modèle de masse… Ce qui dégradera à terme la différenciation des spécialistes et la confiance que les consommateurs leur portent », conclut-il, préférant le débat sur les valeurs à la guerre des prix.

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