Le label équitable Fairtrade / Max Havelaar s’ouvre aux producteurs français

Article mis en ligne par · 11 mai 2021

À l’occasion de la Quinzaine du Commerce Équitable qui se tient jusqu’au 23 mai 2021 l’ONG Max Havelaar France a commandé à OpinionWay un sondage inédit où l’on apprend que si le Made in France est toujours plébiscité (62 %) les Français sont désormais 53 % à réclamer le respect d’un prix payé aux agriculteurs qui couvre leurs coûts de production.

La moitié des Français (52%) juge globalement négatif l’impact de la crise sanitaire pour l’agriculture française, un quart l’estime même très négative. Cependant, si pour les Français la crise a empiré la situation des agriculteurs, leurs difficultés datent d’avant celle-ci, et les deux principales raisons qui pénalisent le plus l’agriculture française sont pour : 

  • 67% des Français, les prix bas imposés aux agriculteurs par les intermédiaires et les distributeurs, 
  • 63% des Français, la concurrence avec d’autres pays aux normes moins contraignantes. 

La conjoncture n’a donc pas modifié l’ordre des problématiques du secteur agricole : en 2019* déjà, la moitié des Français considérait que la rémunération des agriculteurs était l’enjeu principal des entreprises du secteur alimentaire. Conscients des enjeux, les Français reconnaissent aussi l’existence de solutions dont il se rendent acteurs lorsqu’ils le peuvent. En tête des actions jugées les plus positives pour l’agriculture française, se trouve : 

  • La consommation de produits made in France (62%), 
  • Le respect d’un prix payé aux agriculteurs qui couvre bien leurs coûts de production (53%), 
  • Une meilleure reconnaissance des agriculteurs qui respectent l’environnement (46%) 
  • Le développement de marques et labels leur garantissant une juste rémunération (39%). 

Et ils agissent ! Les Français se sont largement emparés des moyens dont ils disposent pour soutenir l’agriculture française. 81% des interrogés déclarent avoir agi pour soutenir l’agriculture dans leur consommation alimentaire, contre 17% qui n’ont pas modifié leurs habitudes alimentaires pour soutenir l’agriculture. Dans le détail : 

  • La moitié des interviewés déclare acheter davantage de produits made in France et… 
  • …36% avoir acheté davantage de produits français garantissant un prix juste aux agriculteurs 
  • Un tiers (32%) a acheté des produits directement auprès des producteurs sur les marchés. 

Un constat préoccupant pour des pans entiers de l’agriculture française 

Il y a des chiffres qui ne trompent pas : 30,1% des exploitations en céréales et grandes cultures, 21,5% en polyculture élevage et 14,9% des exploitations en production de bovins (dont lait) étaient déficitaires en 2017 (INSEE, 2019). Les agriculteurs travailleraient 53,3 heures par semaine (Insee). Dans certaines régions comme Poitou-Charentes ou l’Alsace, les éleveurs laitiers ne peuvent se payer un revenu équivalent au SMIC. C’est aussi le cas, par exemple, en région Occitanie pour les céréales. Dans dix ans, la moitié des agriculteurs auront l’âge de la retraite tandis que le taux de reprise d’exploitation chute chaque année. Le taux de suicide agricole est 12,62% supérieur au reste de la population (MSA 2015). Comment dans ces conditions espérer inciter les jeunes à reprendre les exploitations ? 

Le commerce équitable appliqué aux agriculteurs Français 

Comme pour les filières Sud, la certification équitable peut débloquer certaines impasses en impliquant les consommateurs. Fairtrade/Max Havelaar s’engage aujourd’hui sur les filières françaises de blé et lait grâce à une méthode inédite de fixation du prix garanti en fonction du territoire et d’un objectif chiffré de revenu. La traditionnelle prime collective propre au commerce équitable, l’éligibilité automatique en cas de conversion vers le bio et un cahier des charges compatible Haute Valeur Environnementale-HVE, seront des outils d’accompagnement vers une agriculture durable. L’approche territoriale et l’éligibilité des jeunes en installation contribueront au maintien de l’activité agricole dans les territoires en déprise. Cette innovation est expérimentée sur le marché français et le dialogue ouvert au niveau européen. 

 « Nous avons utilisé les leçons de nos filières historiques pour créer ce nouveau cahier des charges adapté à la France, en dialoguant avec les producteurs. Alors que tout le monde parle de garantir un prix juste, transparent et supérieur aux coûts de production à l’agriculteur, nous le proposons aujourd’hui concrètement et de façon territorialisée. » Blaise Desbordes, DG de Max Havelaar France. 

Les consommateurs pourront soutenir le Sud et le Nord dans un même produit ! 

Parce que le commerce équitable porte des valeurs universelles, le développement d’une production française certifiée Fairtrade/Max Havelaar sera également un levier de croissance pour les filières historiques du Sud. Les nouveaux ingrédients blé et lait complèteront les ingrédients équitables habitues produits hors de France (cacao, fruits exotiques, sucre de canne, café). De nouvelles catégories équitables de produits seront rendues possibles, là où cohabitent lait et vanille, blé et pépites de chocolat : yaourts, crèmes dessert, viennoiseries, pâtisseries, biscuiterie. 

Les principales garanties du standard Fairtrade/Max Havelaar pour les filières blé et lait   Pour les producteurs et productrices : Un prix minimum payé aux agriculteurs et défini sur la base des prix de revient Une prime financée par l’ensemble des maillons en aval de l’organisation de producteurs, gérée collectivement par les producteurs et dédiée aux projets sociaux et à la transition écologique Un engagement de l’ensemble de la filière sur des contrats pluriannuels   Pour améliorer l’impact de l’engagement des acteurs de la filière équitable : Certification destinée aux agriculteurs vulnérables des territoires vulnérables Certification destinée aux agriculteurs jeunes installés Certification conçue pour soutenir la transition écologique Certification adressée aux agriculteurs organisés collectivement   Support de l’organisation collective aux producteurs : Accompagnement pour atteindre les exigences de la certification Formation à des pratiques plus durables Pour l’environnement et la santé humaine :   Contrôle du respect du cadre réglementaire environnemental Critères articulés avec la certification Haute Valeur Environnementale – HVE Encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires Exigence évolutive sur les marqueurs transition écologique (utilisation des produits phytosanitaires, fertilisation, stockage des effluents d’élevage, utilisation de l’eau, couverture des sols, entretien des espaces de biodiversité, alimentation animale, bientraitance animale…).   

Méthodologie 

L’étude « Les Français et le soutien à l’agriculture » pour Max Havelaar France a été réalisée auprès d’un échantillon de 1001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées du mercredi 14 au jeudi 15 Avril 2021. 

* Baromètre Max Havelaar France, « Le partage des richesses au cœur de la transition alimentaire », novembre 2019. 

 

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