Marché Bio 2025-2026 France - page de couverture Présentation Agence Bio - conf presse 16 juin 2026

Marché bio 2025-2026 : après la reprise, l’urgence de relancer la production

Le marché bio 2025-2026 renoue avec la croissance, porté par une consommation de produits alimentaires certifiés AB en hausse de 3,6 %. Pourtant, la production et l’aval peinent à suivre, avec des surfaces certifiées en recul et une baisse du nombre d’entreprises de l’aval. Comment relancer la filière pour répondre à une demande plus forte ?

La filière bio française peut enfin reprendre son souffle : après une année 2024 marquée par des doutes et une inflation persistante, la consommation bio à domicile repart à la hausse en 2025, avec une progression de 3,6 % en valeur, soit 12,6 milliards d’euros, selon le bilan annuel vient de publier l’Agence Bio. « Le bio confirme, comme nous l’avions prévu et déjà analysé dans le cadre de notre baromètre de consommation, son attractivité auprès des consommateurs », souligne Laurence Forêt Hohn, directrice adjointe. Pourtant, derrière cette embellie se cache un défi de taille : transformer la reprise de la consommation en un nouvel élan pour les producteurs et transformateurs.

Une consommation bio qui repart sur tous les canaux

En 2025, le marché bio alimentaire affiche une croissance deux fois supérieure à celle du marché global de l’alimentation (+2 %) et progresse en valeur comme en volume. « Ce n’est plus seulement le facteur prix qui permet cette relance des ventes dans les différents canaux de distribution bio », analyse en effet Laurence Forêt Hohn. Les magasins spécialisés, qui représentent 30 % de la distribution bio, tirent leur épingle du jeu avec une croissance de +8,5 %, tandis que la grande distribution (46 % du marché), après des années de recul, renoue enfin avec la hausse (+1,2 %).

« La grande distribution a repositionné son offre vers des produits plus accessibles, des marques distributeurs », explique-t-elle. Mais les circuits de distribution plus sélectifs ne sont pas en reste. Les ventes directes par les producteurs (14 % du marché) augmentent de 3,8 %, les artisans et petits commerçants enregistrent +1,4 % à 10 % de part de marché. En termes de produits, « les fruits et légumes et boissons végétales tirent vraiment la croissance sur tous les aspects volume », précise Laurence Forêt Hohn. Même le hors domicile, lanterne rouge en termes part du marché bio, affiche une évolution positive, de +6,9 % en restauration collective (552 M€ au stade de gros) et de +1,2 % en restauration commerciale (335 M€).

Toujours des tensions chez les producteurs et transformateurs

Si la consommation bio affiche une reprise encourageante, la production et l’aval de la filière peinent à suivre le rythme. Avec 2,69 millions d’hectares bio, la filière enregistre un recul pour la troisième année consécutive, de 1,1 %. Le nombre de fermes engagées en bio (61 159 exploitations certifiées ou en conversion) diminue quant à lui de 1,3 %. Avec des temps de conversion longs (trois ans dans la majorité des cas), la production agricole bio manque en effet de réactivité pour s’adapter à la demande.

Par ailleurs, l’aval de la filière porte encore les stigmates de la baisse des ventes de ces dernières années. Le nombre d’entreprises certifiées bio a reculé de 1,6 %, passant de 25 081 à 24 679 entre 2024 et 2025. Le contingent des restaurateurs-traiteurs (-9 %), les grossistes (- 2%), les entreprises de transformation et les commerces de détail (-1 % chacun) voit ses effectifs se réduire. Tandis qu’à l’inverse, les conditionneurs (+5 %), les stockeurs (+8 %) et les importateurs (+ 27 %) sont plus nombreux.

Marché bio 2025-2026, l’enjeu du rééquilibrage offre-demande

Malgré ces tensions, quelques signaux positifs affleurent. La filière aval semble prête à rebondir après avoir touché le fond en 2024 (nombre d’entreprises en baisse de 4,5 % après -3 % en 2023 et -3,4 % en 2022). Au niveau des exploitations agricoles, la réduction du nombre de fermes bio (-1,3 %) reste moindre que la baisse totale des exploitations agricoles en France (-3,6 %), marquée par de nombreux départs à la retraite et les difficultés de certaines branches dans le conventionnel.

De plus, « la baisse des surfaces en conversion bio, amorcée depuis 2021, est en train de s’atténuer », assure Bruno Martel, président de l’Agence Bio. En mai 2026, le nombre de nouvelles fermes bio serait même aux années précédentes, notamment dans les grandes cultures (+24 % de surfaces en conversion) et les légumes frais (+44 %), selon les premières déclarations à la PAC qui restent à confirmer.

Bruno Martel souligne par ailleurs l’appétence des jeunes en parcours d’installation pour l’agriculture biologique. « Leurs convictions et leur engagement doivent se traduite par de la rentabilité et un marché. Le signal qui doit leur être donné est que leur choix a du sens et est reconnu par le consommateur », expose-t-il. Avec 10 % de la surface agricole engagée en agriculture biologique, la France reste toutefois bien loin de l’objectif de 18 % qu’elle s’était fixée dans la programmation PAC 2024-2027.

L’Agence Bio s’extrait progressivement des turbulences

Pour rééquilibrer l’offre et la demande, « l’engagement collectif de toutes les parties prenantes de la filière », insiste le président de l’Agence Bio. Celle-ci sort toutefois quelque peu affaiblie d’une année et demi de turbulences budgétaires et de mise en cause de sa gouvernance. Si Bruno Martel fait valoir que les budgets 2026 « ont été confirmés » au terme des derniers arbitrages gouvernementaux, ils l’ont été sur une base au préalable amoindrie.

Après un pic en 2024 lié aux moyens exceptionnels mobilisés dans le cadre du plan de relance européen, le budget global de l’Agence a été délesté de 40 % pour s’établir à 17 millions d’euros en 2025, principalement au détriment de ses missions d’information (-74 % à 2,4 M€) et de financement (-30 % à 11,4 M€). On se souvient que la campagne de publicité C’est Bio La France a été la première à en faire les frais, suivie par le fonds Avenir Bio. Ce dernier, qui cofinance des projets de filière structurants est doté d’un peu plus de 8 M€, une enveloppe à peu près stable par rapport à 2025 mais inférieure de moitié à celle de 2024.

Ces coupes budgétaires ont conduit le Synadis Bio, le syndicat des magasins bio à claquer la porte du conseil d’administration de l’Agence (où la grande distribution alimentaire reste par ailleurs représentée via la FCD). Son éventuel retour ne semble pas à l’ordre du jour. En revanche, le remplacement de sa directrice Laure Verdeau, remerciée fin 2025, semble trouver son dénouement. « Le processus de recrutement doit être finalisé fin juin lors d’un conseil d’administration exceptionnel fixé aux alentours du 25 juin qui prendra position sur la proposition du conseil d’administration », a annoncé Bruno Martel, selon lequel cette étape permettra de « repasser à une nouvelle dynamique ».

POUR CONSULTER LES INFOGRAPHIES : https://www.agencebio.org/vos-outils/les-chiffres-cles/observatoire-de-la-consommation-bio

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