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SIAL PARIS 2022

Placé sous le signe de la transition alimentaire, le SIAL Paris qui se tiendra du 15 au 19 octobre prochains Paris Nord Villepinte est plus que jamais un carrefour d’échanges, de partage, d’innovation et de business.

À l’heure des transitions, des réinventions et de la responsabilité sociale globale, SIAL Paris souhaite plus que jamais être ce point de rencontres et d’échanges qui fédère et inspire l’écosystème food autour des transformations majeures à l’œuvre dans l’industrie agroalimentaire. SIAL Paris s’affirme donc à juste titre comme le rendez-vous incontournable de toute la filière agroalimentaire internationale, premier événement mondial du secteur à se tenir en physique depuis 2019 ; à la fois reflet du marché et témoin de sa transformation, encore accélérée dans cette période traversée par des crises et des tensions qui impactent le secteur tant en amont qu’en aval. En conservant la thématique “Own the change” initiée en 2020, le salon continue à mettre l’accent sur les évolutions, les mutations. Il décrypte la nécessité d’une transition alimentaire à l’échelle de la planète, les habitudes de consommation qui changent, les démarches en faveur d’une agriculture et d’une transformation plus respectueuses de l’environnement et des animaux, le développement de start-up qui inventent de nouveaux modèles.

« L’enjeu planétaire va être de produire en quantité mais aussi en qualité. »

DIRECTEUR GENERAL DU SIAL, NICOLAS TRENTESAUX

Le monde de l’Épicerie fine – Dans quel état d’esprit abordez-vous cette édition ?

Nicolas Trentesaux – Après quatre ans d’absence, nous sommes extrêmement excités et impatients évidemment. Après le report en 2020 contraint et forcé par le Covid, nous avons traversé des moments compliqués et on s’est rapidement rendu compte que les solutions digitales n’allaient sûrement pas remplacer le salon. Très vite, nous avons ressenti la pression, aussi bien du côté exposants que visiteurs qui nous demandaient de relancer la machine. Et avant l’été 2021, dès qu’on a pu redonner des signes d’ouverture en annonçant le retour du salon Gourmet Selection en septembre de cette même année, nous avons compris que nous serions suivis par les exposants et les visiteurs qui nous ont dit qu’ils préféraient aller sur les événements physiques parce qu’ils avaient besoin de se retrouver. SIAL Paris 2022 est donc le premier rendez-vous mondial qui arrive après trois ans d’inactivité, trois ans après Anuga en octobre 2019. La bonne nouvelle, c’est que du point de vue exposants, nous allons avoir un salon identique en taille à celui qu’on a eu en 2018. Cela veut dire qu’on va toucher les 7 200 exposants, 130 pays exposants très fidèles avec à peu près 10 % de Français et 90 % d’internationaux. Et tout ça malgré une très grosse absence de la Chine – même s’il y a un peu de retours de ce côté depuis peu – une absence de la Russie pour des raisons politiques : des manques que nous avons pu compenser par la participation plus importante d’exposants habitués et par le recrutement de nouveaux venus comme l’Australie qui arrive avec un pavillon. C’est quand même un sacré challenge qui a été relevé et en même temps, c’est un challenge aussi parce que cela veut dire que c’est toute l’industrie qui redémarre.

LMEF – En quoi le SIAl Paris diffère-t-il des autres éditions que vous organisez à l’international ?

N.T – SIAL Paris c’est l’événement mère, l’événement historique qui aura bientôt 60 ans. C’est de très loin l’événement agroalimentaire le plus important au monde, alors que d’autres salons du réseau sont plus à vocation régionale. Ce qui ne veut pas dire que les autres sont petits. Dans la même famille et quand il pouvait avoir lieu, le salon de Shanghaï était déjà le quatrième salon du monde en taille. C’est aussi le plus gros salon en France : on utilise tout Villepinte, ce que plus personne ne fait aujourd’hui. On est à 250 000 mètres carrés d’exposition, 7 000 exposants, 300 000 visiteurs professionnels attendus avec 75 % d’internationaux… Et en 2018, les retombées économiques avaient été évaluées à 276 millions d’euros.

“Il y a toujours dix milliards d’habitants à nourrir au bout du tunnel.”

N.T

LMEF – Quelles sont les principales thématiques abordées ?

N.T – On est sur une crise multiple : sanitaire avec le Covid dont on est à peine sortis, et une crise politique avec la guerre Russie-Ukraine qui est la mauvaise nouvelle du moment avec un impact phénoménal sur le marché. Du coup, nous avons aussi une crise économique avec l’inflation des cours de l’énergie, mais aussi une crise écologique environnementale avec les problèmes climatiques que l’on connaît et enfin, une crise de sens. Avec un consommateur de plus en plus conscient de l’impact de sa consommation sur son environnement, qui est lui-même en train de challenger la nécessité de le protéger et de consommer avec un regard sur l’impact social de sa consommation, et tout ça se mélange. Ce qui fait que l’on est dans un contexte très chahuté. Alors soit on baisse la tête, soit on se dit que comme d’habitude une période de crise est aussi une période d’accélération des changements et on va de l’avant. C’est un peu notre position. C’est de dire : prenons en main notre destin au niveau de l’agroalimentaire en étant acteurs du changement plutôt qu’en le subissant. Être acteurs du changement, ça veut dire essayer de prendre les devants de manière active et proactive sur ce qui va permettre à moyen terme de répondre au défi mondial qui n’a pas changé. Sauf catastrophe, il y a toujours dix milliards d’habitants à nourrir au bout du tunnel. L’enjeu planétaire va être de produire en quantité mais aussi en qualité car les gens sont respectueux de leur santé, respectueux de l’environnement et du social, donc responsables. Et puis, c’est d’autant plus vrai aujourd’hui, il va falloir que tout cela soit financièrement accessible pour que les consommateurs puissent y avoir accès. Il y a une équation qui est très compliquée. Et ça, c’est au cœur de la thématique du SIAL Paris 2022.

“De vraies clés de lecture
des attentes de consommateurs d’aujourd’hui et de demain.”

N.T

LMEF – Cela se concrétise comment ?

N.T – Ça va transparaître dans tous les forums et conférences qu’il y aura sur le salon. Nous avons programmé deux plateaux de conférences qui vont tourner non-stop pendant cinq jours. Il y a une centaine de thématiques différentes qui vont dérouler les problématiques actuelles de l’agroalimentaire. Cela va transparaître aussi dans la sélection faite par le jury SIAL Innovation parmi plus de 2 000 produits analysés pour le concours. Et puis, le SIAL c’est une caisse de résonance, c’est un endroit où les gens viennent pour se rencontrer et pour échanger : donc c’est entre eux qu’ils vont débattre de ces problématiques. Enfin, à travers toutes les études que nous avons réalisées, ceux qui s’en donnent la peine auront accès à des informations qu’ils n’ont pas d’habitude d’avoir, de vraies clés de lecture des attentes de consommateurs d’aujourd’hui et de demain

LMEF – Que conseillez-vous aux professionnels de l’épicerie fine qui seront sur place ?

N.T – De prendre le temps de bien préparer leur venue pour s’assurer une visite efficace. On est sur grosso modo plus d’épicerie dans la partie des pavillons nationaux que dans la partie épicerie fine elle-même. Il y a cinq halls qui sont dédiés à ces pavillons portés par les pays et sur ces pavillons, il y a environ 50 % d’épicerie. Tout n’est pas de l’épicerie fine bien sûr, mais il y en a beaucoup. L’épicier fin doit faire sa présélection : par exemple en choisissant de découvrir le Hall 5B dédié à l’épicerie fine, puis un ou deux pavillons étrangers (parmi les 155 présents sur le site) en fonction de la tonalité qu’il souhaite donner à sa gamme. Il peut également consulter notre catalogue en ligne et il trouvera sur place des applications et bien sûr le plan.

LMEF – Êtes-vous optimiste pour l’avenir de ce type d’événement ?

N.T – Oui, parce qu’il y a un vrai business avec toujours plus de gens à nourrir. Il y aura donc toujours besoin de plus d’échanges, de commerce extérieur. Le discours actuel sur le consommer local est bien beau mais il ne répond pas du tout à la demande alimentaire mondiale, dans la mesure où il y a plein de pays qui sont absolument incapables de produire ce dont ils ont besoin : il y aura toujours des pays qui seront excédentaires et qui pourront vendre et d’autres qui vont devoir acheter. Il faut donc orchestrer cet échange entre les pays et le SIAL y participe à sa façon.

Propos recueillis par Bruno Lecoq

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