Selon un sondage OpinionWay pour Sial Paris 2026, plus d’un Français sur deux déclare être influencé par les réseaux sociaux sur au moins un aspect de son alimentation. L’impact des contenus « food » en ligne s’étend bien au-delà du simple divertissement : il inspire les recettes testées à la maison, les envies de produits sains ou gourmands, voire les adresses fréquentées. Il façonne désormais les habitudes alimentaires et challenge le marché de l’épicerie fine, entre innovation et paradoxes.
Les réseaux sociaux, prescripteurs incontournables de l’alimentation
Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans les choix alimentaires des consommateurs. L’étude révèle que 37 % des Français suivent au moins un compte lié à l’alimentation, qu’il s’agisse de marques, de chefs, d’influenceurs culinaires ou d’experts en nutrition.
Facebook, Instagram et YouTube dominent le paysage, mais TikTok s’impose comme la plateforme phare des 18-24 ans, avec 41 % d’entre eux déclarant en subir l’influence. Les marques alimentaires comme Picard ou Nutella côtoient des influenceurs tels que Cédric Grolet ou Loulou Kitchen, dont les contenus inspirent directement les achats et les recettes.


Les femmes se montrent particulièrement réceptives à ces contenus : 43 % d’entre elles suivent des comptes food, contre seulement 31 % des hommes. Les jeunes adultes privilégient les influenceurs lifestyle et les créateurs de recettes, tandis que les consommateurs plus âgés s’orientent vers les marques établies et les experts en santé. Cette segmentation par âge et par genre dessine un écosystème d’influence complexe, où chaque cible répond à des stimuli différents.
De l’inspiration à l’action, quand le virtuel se transforme en achat
Les réseaux sociaux ne se contentent pas d’inspirer, ils poussent à l’action. L’étude montre que 44 % des Français testent de nouvelles recettes après les avoir découvertes en ligne, tandis que 41 % adoptent une alimentation plus saine sous l’effet des réseaux sociaux. Les envies de produits gourmands, souvent qualifiés de « food porn », concernent quant à elles 36 % des répondants.
Au cours des douze derniers mois, 38 % des Français ont cuisiné une recette vue sur les réseaux, 28 % ont goûté des aliments inédits et 25 % ont découvert des produits innovants comme les alternatives végétales ou les super-aliments. Les produits viraux, tels que le « Dubaï chocolate » ou les framboises glacées enrobées de chocolat connaissent un succès fulgurant, porté par des vidéos TikTok cumulant des millions de vues.
Les marques l’ont bien compris : Picard mise sur des lancements à fort potentiel viral, comme sa galette des rois façon cookie. E. Leclerc collabore avec des influenceurs pour promouvoir ses produits de marque distributeur. Tandis que certaines célébrités lancent leurs propres marques alimentaires. En créant Ciao Kombucha, le rappeur Squeezie a ainsi imposé cette boisson fermentée auprès des jeunes et en grande distribution.
Les réseaux sociaux agissent ainsi comme un accélérateur de tendances, transformant une simple vidéo en phénomène de consommation. Les jeunes adultes, en particulier, sont les plus réactifs : 88 % des 18-24 ans ont déjà réalisé au moins une action concrète (achat, test de recette, etc.) après avoir vu un contenu food en ligne.
Le paradoxe santé-plaisir, un défi pour les marques
Les réseaux sociaux génèrent une double dynamique chez les consommateurs. D’un côté, 41 % des Français déclarent avoir modifié leurs habitudes alimentaires sous l’influence digitale, en réduisant leur consommation de sucre, de sel ou de viande ou en adoptant des alternatives végétales. De l’autre, 19 % avouent craquer pour des snacks sucrés ou salés après avoir été exposés à des contenus gourmands – une proportion qui grimpe à 65 % chez les 18-24 ans.
Ce paradoxe place les marques face au défi majeur de concilier l’aspiration à une alimentation saine avec l’attrait pour des produits gourmands. Les fabricants répondent en développant des offres gourmandes mais transparentes, comme des reformulations réduites en sucre ou des packagings mettant en avant des ingrédients naturels. Les super-aliments, tels que les graines de chia ou la spiruline, gagnent en popularité, tout comme les alternatives végétales, portées par une demande croissante pour des produits éthiques et durables.
Un levier stratégique pour l’épicerie fine
Pour les acteurs de l’épicerie fine, les réseaux sociaux représentent une opportunité unique de capter l’attention des consommateurs et de convertir l’engagement en ventes. En effet, les produits premium, les ingrédients rares et les créations innovantes trouvent un écho particulier sur ces plateformes, où la mise en scène visuelle et le storytelling jouent un rôle clé. Les marques qui savent exploiter ces leviers, en collaborant avec des influenceurs ou en créant des contenus engageants, se positionnent en tête des tendances.
En définitive, les réseaux sociaux transforment progressivement la relation des Français à leur alimentation. Ils inspirent, influencent et surtout déclenchent l’acte d’achat.
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