« Vécu et leçons du confinement : quels changements se dessinent pour le jour d’après ?»

Article mis en ligne par · 19 mai 2020

Réalisée en ligne les 21 au 22 avril 2020 pour les zOOms de l’Observatoire Cetelem auprès d’un échantillon de 1005 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus, cette étude est particulièrement intéressante. Nous avons retenu les points susceptibles de vous intéresser puisque parlant d’alimentation.

Vie confinée : des inquiétudes fortes, mais un quotidien relativement confortable

  • Malgré un contexte menaçant  – 91% des Français se disent ainsi aujourd’hui inquiets pour l’économie Française (+ 3pts) et l’avenir de la France dans son ensemble (86%, + 4pts),  les Français ont vécu la période de confinement plutôt bien (67%), les plus en difficultés étant représentés surtout parmi les personnes vivant dans les espaces les plus exigus. 
  •  Dans ce contexte, l’annonce d’un déconfinement à partir du 11 mai a eu des effets paradoxaux sur les Français. D’une part, elle leur a donné un horizon et une ligne de mire qui les aide à tenir (67%). Mais elle est également une source de questionnements, voire une source d’angoisse, pour 70% qui ont peur d’attraper le virus une fois les sorties à nouveau autorisées.

Au quotidien, quels changements pour les achats des ménages ?

▪ Les différentes mesures prises par les pouvoirs publics semblent avoir jusqu’à présent permis de limiter au moins en partie les catastrophes économiques au sein des foyers Français : 25% seulement déclarent des pertes importantes sur leur revenus, 75% déclarant épargner ou ne connaître que des pertes peu importantes.

▪ Si la pression directe sur le budget des ménages semble ainsi peu prononcée, on note néanmoins le sentiment très prégnant que les prix dans les magasins ont augmenté : 80% des Français partagent cette impression.C’est 40 points de plus qu’au début de la période de confinement, où seuls 40% des Français avaient ressenti une différence dans les magasins. Les prix auraient ainsi augmenté partout, mais surtout dans les hypermarchés (74% des Français y estiment les produits plus chers qu’avant) et les commerces de proximité (67%), la vente en direct (57%) ou en ligne (53%) apparaissant un peu moins accusées d’augmenter les prix.

▪ Entre baisse de revenus et augmentation des prix, près de la moitié des Français ont désormais le sentiment de consacrer plus d’argent qu’auparavant à leurs courses alimentaires (46%), un budget supplémentaire qu’ils attribuent principalement à la hausse des prix (64%) mais également à l’augmentation de leurs charges alimentaires (pas de tickets restaurant ou de cantine, alimentation des enfants, etc., 37%). Sur une note plus positive, 36% déclarent également que leur budget a augmenté parce qu’ils ont choisi, en cette période difficile, de se faire davantage plaisir concernant l’alimentation.

Mode de vie responsable, consommation locale, quel avenir en temps de crise ? 

▪ Le confinement n’aurait ainsi pas que des conséquences négatives, y compris sur les pratiques de consommation responsable vers lesquelles les Français estiment toujours se diriger davantage (58%). 47% estiment ainsi consommer davantage bio en cette période, tout comme 76% apportent un soin particulier à consommer plus de produits Français qu’avant. Au-delà des types de produits consommés, les Français estiment faire moins souvent leurs courses (81%) et se procurer moins de produits en ligne (63%), des éléments qui leur permettent d’avoir, après un peu plus d’un mois de confinement, le sentiment de consommer moins de choses dont ils n’ont en réalité pas besoin (73%).

▪ La consommation de produits Français, dans ce contexte, apparait comme essentielle. Enjeu économique pour soutenir l’économie Française (87%), mais également enjeu social, pour soutenir les producteurs et professions Françaises en difficulté (89%), consommer Français est un objectif pour 83% des Français en cette période. Et la difficulté pour les Français semble moins être de pouvoir identifier ces produits en magasin que de pouvoir les faire entrer dans leur budget : 71% confirment qu’il est parfois difficile pour eux d’aller vers des produits français, car ils sont plus coûteux à l’achat. Consommer moins, consommer mieux, consommer local, des enjeux qui auraient pu passer au second plan en cette période restent ainsi au cœur des dynamiques de consommation pour les Français.

Frustrations, plaisir de consommer… quelle consommation les Français envisagent-ils demain ?

▪ En cette période de frugalité contrainte dans ses achats, les Français se sont-ils sentis frustrés dans leur consommation ? Alors même qu’ils semblent avoir ralenti leurs activités culturelles et avoir acheté peu d’autres biens que leurs denrées alimentaires, 1 Français sur 2 seulement (55%) s’estime frustré dans sa consommation. Un chiffre néanmoins beaucoup plus élevé chez les plus jeunes (64%) et les 35-49 ans (61%), c’est-à-dire dans les générations actives, et chez ceux qui vivent aujourd’hui assez mal leur confinement (75%).

▪ Frustrés seulement en partie, les Français se montrent partagés quant à l’attitude qu’ils souhaitent observer ensuite : 47% estiment avoir surtout envie de retrouver le plaisir de consommer et de se faire plaisir, quand 53% manifestent une envie de rester dans une forme de frugalité et de ralentissement, de manière choisie, cette fois. Cette dynamique de ralentissement revêt en effet selon les Français plusieurs avantages : elle pousse à se poser des questions sur sa consommation, représente un mode de vie plus responsable pour la planète… et surtout apparait comme accessible : 65% estiment qu’il s’agit d’un mode de vie avec lequel ils se sentent finalement à l’aise, au moins en partie (seuls 17% se sentent « tout à fait à l’aise »).

Enquête réalisée en ligne les 21 au 22 avril 2020. Échantillon de 1005 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

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