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Vrac et consigne : les consommateurs y reviennent

Après s’en être éloignés ces trois dernières années, les consommateurs reviennent vers le vrac et expriment de fortes attentes vis-à-vis de la consigne, selon l’étude conso Vrac et Réemploi 2026 publiée par Nielsen IQ, publiée à l’occasion du Mois du Vrac et du Réemploi.

Selon l’organisation professionnelle Réseau Vrac et Réemploi (RVR), l’année 2026 sera celle de l’alignement des planètes pour le vrac et la consigne. Une réglementation mieux appliquée, de nombreuses innovations en magasins et un regain d’intérêt des consommateurs devraient en effet soutenir un rebond de ces modes de vente.

Les enseignements de l’étude conso Vrac et Réemploi 2026

Dans l’étude cosignée Nielsen IQ – Réseau Vrac et Réemploi, la part des sondés ayant déclaré acheter des produits vrac au cours des 12 mois précédents le sondage est remontée l’an dernier. Elle était en chute continue depuis 2020 (-12 points en quatre ans). Avec une hausse d’un point seulement sur un an, il est certes un peu tôt pour tirer des conclusions définitives.

Etude conso vrac et reemploi 2026 nielsen iq base d'acheteurs

Mais David Lecomte, directeur Insight Consommateur de la société d’études, souligne aussi que « 73 % des Français qualifient d’important de diminuer les emballages ». Et ils joignent de plus souvent le geste à la parole. « Petit à petit, le spectre des produits achetés en vrac s’élargit », souligne ainsi David Lecomte. Si les fruits secs et graines oléagineuses, historiquement les meilleures ventes du vrac, continuent de dominer, les plus fortes progressions portent en nombre d’acheteurs portent sur d’autres catégories comme les biscuits, les épices et le café.

Etude conso vrac et remploi 2026 nielsen iq rayons

Un tiers des Français adeptes du vrac ou du réemploi

La consigne de contenants en verre, fraîchement relancée en France, progresse également. Selon l’étude, 15 % des Français la pratiquent, en hausse de deux points sur un an. Au total, « si on agglomère vrac et consigne alimentaire, près d’un tiers des Français, ont acheté au cours des 12 derniers mois en vrac ou en consigne. Donc, on n’est plus sur une niche », assure le consultant. Or le contexte réglementaire et la dynamique des innovations magasins constituent un terreau fertile à un développement plus large de ces nouveaux gestes de consommation.

Les décrets de la loi Climat et Résilience relancent l’offre de vrac

En particulier, la publication en novembre dernier des décrets d’application de la loi Climat et Résilience de 2021 concernant le mode de calcul de l’objectif de 20 % de produits sans emballages d’ici 2030 va donner un nouveau souffle au marché. « Tant que ce décret n’était pas sorti, tous les acteurs étaient sur pause », relate Célia Rennesson, directrice générale de Réseau Vrac et Réemploi. Voilà donc une première barrière levée.

Des innovations facilitent la vente en vrac

Un deuxième levier de relance du vrac et de la consigne se joue dans les magasins. Un terrain où « les innovations sont vraiment foisonnantes en ce début d’année », se félicite Célia Rennesson. Des fertilisations croisées entre spécialistes du vrac et grande distribution sont notamment en cours d’expérimentation. Le pionnier des boutiques vrac Day by Day teste un corner en service assisté au Carrefour d’Ermont (95). Les fondateurs du Drive Tout Nu ont pour leur part installé des corners présentant 250 produits en vrac dans une quinzaine d’Intermarché et de Carrefour.

Les rayons eux-mêmes évoluent avec de nouveaux systèmes permettant au client d’afficher le poids et le prix au moment où le consommateur se sert, réduisant les risques d’erreur et de fraude. Des trémies et récipients réemployables affichant le nom de la marque font également leur apparition.

Cinq tests de consigne à grande échelle en France

Parallèlement, les tests à grande échelle de consigne se multiplient. Les containers de récupération de contenants en verre reUse de Citéo implantés dans les grandes surfaces et magasins bio du Nord-Nord-Ouest sont présents dans 365 magasins, avec un objectif d’en doubler le nombre d’ici la fin 2026. En région Aura, le projet En Route pour le Réemploi fédère autour de l’éco-organisme Léko, 125 magasins (500 annoncés d’idci fin 2026) et une quarantaines de marques, utilisant des bouteilles, bocaux et barquettes réutilisables.

Dans le Sud-Ouest, l’initiative Bilbôko, opérée par le l’opérateur Les Retournées, se spécialise sur la consigne de produits locaux, avec 400 références en bouteilles et bocaux consignées, collectées dans les magasins de producteurs et grandes et moyennes surfaces.

Un point commun entre presque toutes ces initiatives est qu’elles impliquent toutes la grande distribution. Ce qui est sans doute un tournant pour l’économie du vrac, initialement développée dans la distribution spécialisée bio et dans les boutiques « zéro déchet ». Et peut-être une condition nécessaire pour relancer le vrac et ressusciter la consigne en France. Pour autant, cela ne disqualifie pas complètement le petit commerce alimentaire.

« Encore du travail pour rendre vrac et réemploi vraiment accessibles« 

Si 40 % des Français achètent du vrac en hypermarché et 30 % en magasins bio, les consommateurs sont en effet dans l’attente d’une plus grande disponibilité et accessibilité de l’offre de produits vrac et de contenants réemployables. Parmi les principaux critères pour acheter du vrac ou des produits en emballages consignés, la notion de prix attractif n’arrive ainsi qu’en quatrième position après la disponibilité des produits « dans mon magasin habituel », la proximité, l’importance de l’offre. « Il y a encore un vrai travail à faire autour du maillage de ces dispositifs pour les rendre vraiment accessibles », analyse David Lecomte.

Etude conso vrac et reemploi 2026 nielsen iq - graphique leviers

Le prix reste toutefois le premier frein identifié pour les achats en vrac, tandis que pour la consigne ce sont les questions d’organisation personnelle qui priment. Celia Rennesson y décèle des signes positifs. Les années précédentes en effet, « l’hygiène revenait systématiquement dans le top 3 de freins. Cette année, il est passé en septième position. Notre interprétation est que le vrac est désormais intégré comme un mode de consommation ordinaire. D’où le fait de retrouver le prix en premier frein. Tandis que pour la consigne, plus nouvelle, on reste en décalage. » Le vrac entré dans les moeurs, la consigne doit maintenant trouver les moyens de redevenir un acte de consommation ordinaire.

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