Olivier Costil
Le Baromètre 2026 Sowine Dynata qui vient de paraître, les consommateurs de vins et spiritueux continuent de privilégier la grande distribution tout en fréquentant plus qu’avant les cavistes, dans un contexte de consommation plus occasionnelle avec des évolutions qui varient fortement entre hommes et femmes.
L’étude Sowine/Dynata 2026 confirme avec nuances la prise de distance des consommateurs français avec les boissons alcoolisées. Selon la dernière édition de ce sondage annuel représentatif de la population métropolitaine réalisé en décembre 2025, la proportion de personnes qui déclarent avoir acheté du vin dans l’année (77 %) est ainsi en recul de trois points par rapport à l’année précédente.
Sylvain Dadé, directeur associé de Sowine, observe par ailleurs que « la part d’acheteurs occasionnels progresse de deux points à 37% (+2 points) », et ce au détriment des consommateurs réguliers. La tendance à la déconsommation se mesure également les spiritueux : la part des sondés qui déclarent en consommer purs (58 %) régresse de 5 points et ceux qui disent en boire en cocktail (59 %) baissent de 3 points. En termes d’achats, 64% des français déclarent avoir déjà acheté des spiritueux en 2025, un chiffre qui recul de 4 points.
De plus, le poids des non consommateurs de boissons alcoolisées, s’il reste très faible (18 %), progresse légèrement (+1 pt.) À noter toutefois que la part des non consommateurs progresse « de façon plus marquée cette année chez les hommes (+5 pts.) et recule légèrement chez les femmes (-2 pts.) » pointe Sylvain Dadé. Les hommes, traditionnellement plus amateurs de vins et spiritueux que les femmes, se laisseraient donc progressivement convaincre des bienfaits de la modération…
La « surprise » du Baromètre 2026 Sowine Dynata
Dans ce contexte de consommation plus espacée, les spécialistes des vins et spiritueux semblent paradoxalement redorer leur blason face à la grande distribution. Celle-ci reste certes dominante avec 84 % des acheteurs de vin qui la fréquente, mais reste stable. Tandis le taux de pénétration des cavistes progresserait d’une année sur l’autre de 6 points à 44 %. « C’est la suprise du Baromètre 2026 ! », s’exclame Marie Mascré, cofondatrice de Sowine. « Le caviste a clairement un rôle de prescription que les Français semblent rechercher quand ils achètent du vin », décrypte-t-elle.
Sans doute aussi que les spécialistes commencent à mieux maîtriser les nouvelles technologies. Cette année, les sites de cavistes ont en effet atteint la première position en termes de circuit d’achat de vin en ligne, à 33% (+3 points). La grande distribution se tasse d’un point à 32% et les sites de producteurs gagne 4 points à 31%. Tous circuits confondus, le budget moyen alloué à l’achat d’une bouteille « reste contenu », précise Sylvain Dadé. Il se situe entre 5 et 10 € pour les vins tranquilles, 11 et 20 € pour les vins effervescents, 21 et 35 € pour le champagne.
Vin contre bière, un match très « genré »
Côté catégories de boissons alcoolisées préférées le vin tranquille qui, chaque année dispute à la bière la première place, la devance cette année d’une courte tête à 52 %. Mais les les deux sont respectivement en recul de 5 et 6 points par rapport à l’an dernier, témoignant d’une diversification des goûts des consommateurs dont témoignent la percée des effervescents ou des boissons sans alcool (lire plus loin). À noter que le vin le vin reste la boisson préférée des femmes à 47% contre 57% pour les hommes. En revanche la bière reste la boisson préférée des hommes à 63% contre 39% pour les femmes.
Les champagnes « challengés » par les effervescents
Troisième sur le podium la champagne, se maintient sa troisième position avec une dynamique assez contrastée. En effet, il progresse nettement chez les 26-35 ans (+7 points à 30%) mais recule chez les plus jeunes de 18-25 ans (-5 points). Nul doute que la percée des autres effervescents (proseccos, crémants, cava…) meilleur marché lui fait un peu de l’ombre.
En cinquième position derrière les cocktails, dont ils partagent d’ailleurs les dimensions apéritives et festives, ces autres vins effervescents connaissent en effet une progression remarquable de 10 points. Cette croissance, est portée principalement par les hommes (+13 pts.) et la classe d’âge des 36-49 ans (+13 pts. également). À l’inverse, le cidre est en recul, de même que les spiritueux consommés purs.
Le blanc et le rosé plus occasionnels que le rouge
Pas de changement côté des couleurs préférées. Le trio de tête reste composé du vin blanc (91%), devant le champagne (87%à et le rosé à (85%). Le vin rouge reste la couleur qui rassemble aujourd’hui le plus de consommateurs réguliers (30% une à plusieurs fois par semaine et 31% quelques fois par mois). Il est vrai que le rouge reste la couleur la plus associée au repas et de très loin, à 75 %. Mais les habitudes de consommation évoluent. Dans les raisons de choisir un vin, la réponse « parce que j’apprécie son goût » est cette année passée devant « il accompagne parfaitement un repas », en baisse à -7 points.
Le whisky champion de la régularité, outsider des cocktails
En termes de fréquence de consommation, le whisky reste dynamique. C’est le spiritueux le plus régulièrement consommé : plusieurs fois par semaine pour 20 % des Français, une proportion qui progresse (+3 trois pts.). S’il se situe loin du rhum dans les cocktails, le whisky y est également en progression. À noter que si 78% des français déclarent élaborer des cocktails chez eux, 13% le font une à plusieurs fois par semaine, 22% quelques fois par mois et 43% quelques fois par an. Donc la consommation de cocktails à la maison est plutôt plus occasionnelle que régulière.
La clientèle et le goût des no/low gagnent en maturité
Aujourd’hui 33% des français déclarent avoir déjà consommé des boissons sans alcool ou à faible teneur en alcool. « C’est une hausse limitée à 1 point, après + 4 points l’an dernier », précise Sylvain Dadé. La dynamique reste très générationnelle avec 54 % des 18-25 ans qui ont consommé au moins un produit now/low dans l’année (+3 points). Mais les 36-49 ans à 31% et qui gagnent 7 points et affichent la plus forte progression d’une année sur l’autre.
Principale motivation à boire des no/low, la modération (43%) recule de 7 points par rapport à l’année dernière. Tandis que le goût progresse de 4 points à 39 % et dépasse désormais la santé d’une courte tête. La part des consommateurs qui déclarent aimer le goût des boissons sans ou faible teneur en alcool gagne 8 points à 27 %. « La progression du goût sur le vin no-low se fait clairement ressentir », conclut Sylvain Dadé. Une majorité de Français déclarent néanmoins rester en quête d’un produit qui leur conviendrait mais leur part est en recul de 11 points.
Source : Baromètre 2026 Sowine Dynata









