Les produits de la mer conservent une image très positive auprès des consommateurs français. Pourtant, derrière cet attachement se cachent encore de nombreuses idées reçues et méconnaissances. C’est ce que révèle une étude OpinionWay réalisée pour Seafood Scotland, qui souligne un paradoxe central : les Français apprécient les produits de la mer mais peinent encore à les intégrer durablement dans leurs habitudes alimentaires.
Sur le papier, les produits de la mer font presque l’unanimité. Pas moins de 92 % des Français déclarent en consommer et ils leur associent des bénéfices santé, de plaisir et de qualité. Pourtant, dans les faits, poisson et crustacés ne représentent que la troisième source de protéines consommées en France, loin derrière la viande et les œufs. Chez les moins de 35 ans, ils tombent même à la quatrième place. Seuls 9 % des Français considèrent aujourd’hui les produits de la mer comme leur principale source de protéines.
Le coût n’est pas le seul obstacle
Le premier frein reste sans surprise le prix. Trois Français sur quatre estiment qu’il faut disposer de moyens financiers importants pour consommer régulièrement des produits de la mer. Dans un contexte marqué par une inflation alimentaire durable, cette perception pèse fortement sur les arbitrages d’achat. Mais le coût n’est pas le seul obstacle. La préparation constitue également un véritable sujet, notamment chez les jeunes générations. Plus d’un tiers des Français considèrent encore les produits de la mer comme difficiles à cuisiner, une proportion qui grimpe à plus d’un consommateur sur deux chez les 25-34 ans. Pourtant, le potentiel de développement existe bel et bien. Six Français sur dix se disent prêts à remplacer la viande par du poisson et plus de la moitié rejettent l’idée selon laquelle les produits de la mer seraient moins rassasiants.
Le défi majeur : reconquérir les jeunes consommateurs
L’étude souligne un enjeu particulièrement stratégique : celui des nouvelles générations. Les moins de 35 ans apparaissent à la fois comme les plus éloignés des produits de la mer… et comme les consommateurs les plus décisifs pour l’avenir du secteur. Une part importante d’entre eux ne se dit pas prête à substituer la viande par du poisson, notamment chez les 18-24 ans. L’étude évoque notamment l’impact des nouveaux équipements domestiques comme les airfryers, qui pourraient contribuer à rendre la préparation plus simple et plus accessible.
Labels et origine : des critères essentiels mais mal compris
Autre enseignement de l’étude : le rôle déterminant joué par les labels et l’origine dans la décision d’achat. Près de sept Français sur dix affirment que la présence d’un label ou d’une certification influence leurs choix, un chiffre qui atteint même 73 % chez les moins de 35 ans. Les labels restent fortement associés à une garantie de qualité et de réassurance. Mais là encore, les paradoxes sont nombreux. Plus de la moitié des consommateurs considèrent qu’il existe trop de labels et qu’ils sont difficiles à comprendre. Cette multiplication des certifications entretient une certaine confusion et brouille parfois les messages adressés aux consommateurs.
Même constat concernant l’origine des produits. Près d’un Français sur deux affirme y être attentif mais les connaissances réelles restent limitées. L’étude met particulièrement en avant le cas de l’Écosse, dont le savoir-faire demeure largement méconnu du grand public. Ainsi, 85 % des Français ignorent que l’Écosse est le seul pays au monde à disposer d’un saumon Label Rouge, une certification obtenue dès 1992. Peu savent également que la France constitue le premier marché mondial du saumon écossais ou encore que l’Écosse assure près des trois quarts de la production mondiale de langoustines. Ces chiffres rappellent aussi une réalité structurelle : malgré l’attachement affiché à l’origine française, la France importe aujourd’hui les trois quarts des produits de la mer qu’elle consomme, sa production nationale ne couvrant pas les besoins du marché.
Aquaculture : une perception en pleine évolution
L’aquaculture reste elle aussi entourée de nombreuses idées reçues. Une large majorité des Français ignore encore que le poisson sauvage n’est pas nécessairement meilleur pour l’environnement que le poisson d’élevage. Beaucoup méconnaissent également le poids désormais considérable de l’aquaculture dans l’alimentation mondiale puisque la moitié des produits de la mer consommés dans le monde en est aujourd’hui issue.
Malgré ces méconnaissances, l’image globale de l’aquaculture tend à évoluer positivement, notamment auprès des jeunes générations. Les moins de 35 ans l’associent davantage à des notions de durabilité, de modernité et de sécurité alimentaire, là où les générations plus âgées restent plus méfiantes et continuent souvent de valoriser prioritairement le sauvage.
MÉTHODOLOGIE Sondage réalisée par OpinionWay pour Seafood Scotland, administré les 18 et 19 février 2026 auprès d’un échantillon de 1013 personnes, représentatif de la population française et constitué selon la méthode des quotas au regard de critères de sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération.
