Destination Vichy, une ville pensée pour le shopping

Article mis en ligne par · 22 octobre 2020

Ville d’eau au riche passé historique immortalisé à tout jamais par Napoléon III, Vichy est une exception à plus d’un titre. Du point de vue “commerçant”, elle est l’exemple de ce que l’on peut faire de mieux en centre-ville. Pensée pour le shopping avec ses galeries, promenades couvertes et passages, elle reste un modèle d’efficacité qui profite de l’ouverture dominicale propre aux stations thermales.

La très belle société qui dès la deuxième moitié du XIXe siècle accourt du monde entier à Vichy pour de longs séjours, entre cures et vie mondaine, a besoin de se distraire. Palaces, parcs, casino, opéra, théâtre : tout a été imaginé pour lui faciliter la vie. La galerie couverte qui ceinture le parc des Sources en est l’exemple le plus flagrant puisqu’il permettait de relier palaces, restaurants, salons de thé, galeries d’art, boutiques de vêtements, commerces de bouche et grands magasins par tous les temps. Les beaux immeubles qui entourent le parc étant eux-mêmes traversés par des passages couverts bordés de boutiques le plus souvent de luxe (Vuitton, Van Cleef & Arpels…), la ville était attractive.

Et on peut dire qu’elle est à l’origine avec Paris des grands magasins qui, sur le modèle du Bonheur des Dames cher à Emile Zola, sont eux-mêmes à l’origine des galeries marchandes que l’on connaît aujourd’hui. “Vichy, peut-on lire dans le superbe magazine Vichy Destination, à l’image de Paris, a possédé ses grands établissements comme Le Grand Bazar et Les Galeries Parisiennes érigées place du Marché, actuelle place Charles-de-Gaulle. Il y a eu en 1920, Les Nouvelles Galeries, rue Georges Clemenceau, avec salon de thé, de lecture et de correspondance.
Le bâtiment est surmonté d’un dôme recouvert de grès émaillé bleu sur le pavillon d’angle.”

Confiseries Moinet

Dans cet environnement privilégié, les commerces de bouche occupaient une place de choix avec de nombreux confiseurs qui pour certains ont disparu, à l’instar de La Marquise de Sévigné, marque boutique créée ici en 1898 par Madame Rouzaud pendant sa cure estivale. D’autres ont tenu bon. C’est le cas de la boutique bonbonnière Les Marocains qui doit son nom dit-on, aux prestigieux curistes d’Afrique du Nord qui fréquentaient assidûment la station à la Belle Époque. Ou d’une institution que l’on présente comme le plus ancien confiseur de Vichy encore en activité, Moinet. Créée en 1852, cette maison familiale présente la particularité d’être propriétaire d’une source sur le bassin hydrologique de Vichy, à Hauterive, ce qui lui permet de produire une pastille Vichy (800 tonnes par an) baptisée “Pastille aux sels minéraux extraits des eaux du Bassin de Vichy.” À ne pas confondre avec les anciennes Pastilles Vichy – État devenues Pastilles Vichy Source produites par la Pastillerie de Vichy, elle-même filiale d’un grand confiseur propriétaire d’une quinzaine de marques fortes : Carambar, Suchard, Kréma, La Pie qui Chante ou encore Poulain. Côté confiseur ayant résisté au temps, bien que plus récente, il faut citer la confiserie chocolaterie Vichy Prunelle. Créé en 1926 par Auguste Chauve (propriétaire d’une source) autour de la fabrication de la pastille de Vichy et des sucres d’orge de Vichy, ce commerce au décor suranné plein de charme est resté dans la même famille depuis trois générations. Il est amusant de noter que toutes ces maisons ont participé à la création de ce que l’on appelle aujourd’hui l’alimentation cadeau. Boîtes en fer sérigraphiées, cartons précieux, marques fortes porteuses de brevets, publicités : packaging et marketing doivent beaucoup à Vichy.

Au Fin Palais : l’épicerie fine par excellence

Au fin palais

Idéalement situé face à l’opéra et le parc des Sources, Au Fin Palais fait un peu figure d’épicerie fine idéale. Une déco Art nouveau, une atmosphère élégante, quelques tables basses et beaucoup de tentations sur les étagères : Carole Braun, la gérante de cette adresse raffinée est dans son élément.

Sa maison a déjà eu 1 000 vies : ancien hôtel dont il reste un meuble superbe qui devait faire partie d’un fumoir, puis magasin de corsets pour femmes, de jouets, chemiserie, l’endroit est devenu Hédiard en 2008. Jusqu’en 2013, année où l’ancien propriétaire a décidé de poursuivre l’activité en développant l’offre en thé et café. “En arrivant ici il y a trois ans avec mon compagnon, nous avons décidé de poursuivre et désormais nous torréfions nous-mêmes notre café sur place, dans la cave : la clientèle peut l’emporter mais également le consommer en boutique.” Plus salée que sucrée, le reste de la gamme permet de découvrir des produits très haut de gamme (Petrossian, Dammann…) ainsi qu’une offre pointue en produits régionaux authentiques : le très chic whisky de la forêt de Tronçais (connue pour fournir des chênes aux fabricants de fûts), quelques vins du vignoble de Saint-Pourçain, les alcools de la Distillerie de Vichy qui propose dans une bouteille vintage, une absinthe Napoléon III selon une recette originale de l’époque, la moutarde de Charroux, un miel de la région, des pâtes de fruits à la verveine ou au génépi. “J’ai également des terrines faites exclusivement à partir de bœuf charolais” commente la commerçante.

Épicerie fine Au fin palais

Avec 2 500 références pour 75 producteurs, un panier moyen qui se situe entre 20 et 25 euros, Au Fin Palais s’attire une clientèle de locaux qui cèdent un peu la place aux touristes en juillet-août. Une licence Restaurant permet de proposer des assiettes composées à l’heure du déjeuner, elles peuvent être accompagnées d’un verre de vin. L’été qui vient de passer s’est révélé être un cru excellent avec deux tendances marquantes : les ventes de poivres qui ont littéralement explosées et l’absinthe : “Je n’en ai jamais vendu autant.” Même le dimanche où la boutique reste ouverte de 15h à 19h.

  • Au Fin Palais
  • 8 bis rue du Président Wilson 03200 Vichy
  • Tél. 04 70 98 24 75
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