François-Régis Gaudry – 1,8 million d’auditeurs suivent “On va déguster”

Article mis en ligne par · 27 janvier 2021

Apôtre de la bistronomie, animateur tous les dimanches à 11 h sur France Inter de “On va déguster” et aussi de “Très très bon” sur Paris Première, François-Régis Gaudry est de retour en librairie avec un ouvrage imposant édité chez Marabout : On va déguster l’Italie.

Le Monde de l’Épicerie Fine – Vous venez de publier “On va déguster l’Italie” aux éditions Marabout.
C’est un ouvrage collectif qui porte en partie le nom de l’émission que vous animez tous les dimanches sur France Inter. Pouvez-vous nous en parler ? Pourquoi l’Italie après la France ?

François-Régis Gaudry – J’ai toujours baigné dans une atmosphère italienne, déjà quand j’étais petit parce que ma mère est Corse et que nous avions de la famille par alliance en Ligurie et en Toscane. J’y suis allé tout jeune et ensuite je m’y suis intéressé professionnellement parce que c’est un terrain de jeu vraiment extraordinaire pour un gastronome. Mais le vrai déclic, ça a été ma rencontre avec Alessandra Pierini il y a douze ans. Il y a eu un coup de cœur, je l’ai invitée à plusieurs reprises dans mes émissions sur France Inter ; de son côté, elle m’a emmené avec elle en voyage en Italie. Nous sommes allés dans le Piémont, en Toscane, en Sardaigne, en Émilie-Romagne (…) Nous avons fait en tout une douzaine de voyages. Elle y allait pour rencontrer ses fournisseurs et moi je partais avec un micro. Nous avons fait des émissions sur les cuisines régionales italiennes et puis nous avons amassé tellement d’informations que lorsque les éditions Marabout m’ont demandé d’imaginer un nouveau livre, j’ai proposé avec l’accord d’Alessandra, le thème de l’Italie. C’est un travail colossal qui nous a pris deux ans et a mobilisé 159 contributeurs dont une majorité d’Italiens.
“La cuisine italienne est un peu tout ce que la cuisine française a cessé d’être…”

LMEF – Qu’y trouve-t-on ?

F.R.G – C’est un ouvrage protéiforme qui se déploie sur un grand format et un peu plus de 460 pages. Il y a d’abord 94 pages sur toutes les recettes emblématiques de la cuisine italienne, une série de pages portraits avec les grandes figures de la cuisine italienne – cela va de Carlo Petrini, le fondateur de Slow Food au chef 3 étoiles représentant de la nouvelle cuisine italienne, Massimo Bottura. On y présente également des chefs italiens installés en France, des producteurs… Bien entendu, Alessandra étant épicière, une large part de ce livre est consacrée aux produits, qu’il s’agisse de spécialités charcutières, de fromages ou de légumes. Le tout est présenté par familles sur de grands tableaux illustrés par nos soins où l’on retrouve par exemple les salades amères, les légumineuses, les agrumes, les artichauts… En fait, rien n’a été oublié : vous trouvez beaucoup de pages historiques, patrimoniales, culturelles. C’est vraiment un livre pour les amoureux de l’Italie, une encyclopédie culinaire mais également un guide touristique avec cartes et bonnes adresses. La force de ce bouquin, c’est l’énergie d’Alessandra qui a beaucoup travaillé sur la partie produits et l’accumulation de toutes les expertises.

LMEF – Peut-on parler de cote d’amour pour l’Italie en France ?

F.R.G – Le livre a démarré fort et c’est quelque chose que je sens. Dans la période de morosité que nous sommes en train de vivre, l’Italie est une espèce de fantasme lumineux, on rêve tous de dolce vita ! On aime l’Italie parce que ça chante et on aime la cuisine italienne qui est un peu tout ce que la cuisine française a cessé d’être : simple et accessible. Cela ne veut pas dire qu’en France il est impossible de manger une bonne cuisine populaire, mais la cuisine française est un peu devenue une sorte de sport de haut niveau avec ses records, ses athlètes. En Italie, on trouve bien entendu de la gastronomie très sophistiquée, mais l’approche à l’assiette et le rapport au produit est un peu plus simple. C’est une cuisine très sensuelle et désirable partout dans le monde ; les droits de ce livre ont été achetés aux États-Unis, en Chine, au Japon…

“On va déguster l’Italie” (prix du livre : 42 €) arrive après deux succès en librairie : “On va déguster” et “On va déguster la France”, une bible qui s’est vendue à plus de 100 000 exemplaires.On va déguster l’Italie - Livre

LMEF – Sur France Inter, votre émission “On va déguster” fête ses dix ans avec une moyenne de 1,8 million d’auditeurs. Y a-t-il une recette à cette longévité et à ce succès ?

F.R.G – On ne va pas se mentir, c’est lié à la puissance de frappe du service public. Et je pense que nous avons trouvé la recette en créant un climat convivial avec des chroniqueurs qui, par leur bonne humeur, donnent envie aux auditeurs de partager avec nous ce moment. Nos invités sont principalement des chefs – hommes ou femmes – qui viennent en ayant préparé la recette dont ils vont parler au micro et du coup, cette émission de radio se transforme en un moment de table avec des bruits de bouche… C’est un moment de dégustation qui est aussi un moment de vérité. Enfin, nous avons choisi de traiter la cuisine et l’alimentation avec une approche populaire au sens noble du terme, les recettes restent accessibles d’un point de vue pratique et budgétaire.

Photo © Radio France – Christophe Abramowitz

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