NATURALIA

Article mis en ligne par · 27 avril 2020

Allon Zeitoun (Naturalia) :
« La crise du coronavirus a créé une forte demande pour le bio » 

Comment se poursuit l’activité de vos magasins ?

Tous les magasins Naturalia restent ouverts, exception faite du magasin préparateur des commandes e-commerce qui y dédie actuellement toute son activité. Les jours qui ont précédé le confinement, la fréquentation de nos magasins a triplé. Depuis la  semaine du  17  mars, cette consommation reste significativement supérieure à d’habitude mais s’est  stabilisée. La crise du coronavirus a créé une forte demande pour le bio. Pour Naturalia, l’impact est essentiellement sur l’organisation. Nous avons adopté un mode « agile » pour absorber la demande, tout en nous adaptant aux nouvelles mesures d’hygiène. Nous avons mis en place une cellule de crise qui se réunit virtuellement tous les matins. Elle nous sert à gérer les urgences et nous permet de travailler sur l’après-confinement. Nous avons également intensifié notre recrutement depuis le début de la crise.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Le premier défi a été d’adapter rapidement nos magasins aux mesures « barrière ». Par la suite, nous avons connu deux gros challenges. Il a fallu sécuriser des approvisionnements réguliers pour éviter les grosses pénuries, réadapter rapidement notre offre avec, par exemple, de nouvelles références pour les farines, les œufs ou les pâtes. La Bio étant un écosystème fédérateur, nous avons aussi accompagné l’amont en soutenant nos partenaires pour qu’ils puissent faire face à leurs problématiques de production. Notamment pour les transformateurs bio, qui connaissent une période de surproduction vis-à-vis de la demande ; ou encore pour certains petits producteurs ou  artisans, qui risquent une perte de chiffre d’affaires. Nous aidons à écouler leurs récoltes de saison (exemple : asperges  ou  fraises) et nous réadaptons nos communications pour accompagner la vente de pains, les boulangers connaissant une baissent de leurs ventes même dans nos magasins.

Avez-vous développé la livraison à domicile ou le drive ?

Les commandes ont doublé depuis le début de la crise sur notre plateforme e-commerce, qui livre directement chez les clients en région parisienne et dans toute France par Colissimo. Nous avons  mis  en  place  des  mesures  d’hygiène supplémentaires pour l’équipe  préparatrice et nos partenaires ont fait de même pour les livreurs. Mis en pause au début de la crise, notre service de click and collect reprend peu à peu, une vingtaine de magasins le proposent actuellement. Le redéployer de façon mesurée permet de préserver les équipes magasin déjà très sollicitées. Un service drive proposé uniquement sur Brétigny-sur-Orge, seul magasin en zone commerciale, demeure quant à lui ouvert et connait également une croissance importante.

Avez-vous pris des initiatives vis-à-vis  des  soignants et des  personnes  fragiles ?

Depuis le 21 mars et jusqu’au 30 avril, nous menons dans tous nos magasins une campagne d’arrondi en caisse en faveur de la fondation de l’APHP. Nos clients peuvent  ainsi contribuer et Naturalia s’engage à doubler leur don. Du 2 mai au 31 mai, une nouvelle campagne d’arrondi prendra le relais pour soutenir le fond d’urgence de la fondation Abbé Pierre qui vient en aide aux personnes sans domicile fixe pendant cette crise. En magasins, nous donnons la priorité aux personnes fragiles, aux personnes âgées et aux soignants. Ils ont aussi un accès prioritaire pour les commandes en ligne. Nous sommes aussi sollicités pour des dons de produits que nous organisons au mieux en intégrant nos partenaires.

« Nous travaillons à la pérennisation des mesures d’hygiène et réfléchissons à la relance des catégories en pertes de vitesse  »

Quelle est votre vision de l’après-confinement ?  

Le 11 mai ne sera qu’une première étape d’un déconfinement progressif. L’essentiel  pour nous aujourd’hui, est de réfléchir à la façon d’intégrer de façon pérenne les nécessaires mesures d’hygiène que nous avons  adopté en urgence au début de la crise. Il est ainsi probable que nous imposions prochainement à nos clients d’utiliser du gel hydro-alcoolique à l’entrée des magasins et que nous renforcions le dispositif de protection des salariés en caisse. Nous devons nous pencher sur les procédures de nettoyage des magasins pour les rendre plus performantes. La question se pose aussi de savoir comment nous allons relancer des catégories importantes, comme le vrac ou le pain, aujourd’hui en perte de vitesse. La crise aura aussi confirmé l’appétence des français pour la Bio. Il sera important de sécuriser l’amont en renforçant la production bio française. Pour finir, cette crise remet du sens au cœur de notre métier. Il est certain que l’après-confinement renforcera nos engagements en termes de responsabilité sociétale et environnementale.

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